mercredi 27 juin 2007

Petites réflexions sur ma solitude...

Ça fait maintenant 7 jours que je suis arrivée ici. Déjà en une semaine et j’ai pu réaliser à quel point le fait d’être seule change beaucoup de chose dans la vie quotidienne. En voici quelques exemples :

Mercredi soir dernier, j’ai écrasé une bibitte ET l’ai ramassée! Certainement, en poussant des petits cris d’horreur et en manquant de faire une crise d’hystérie à chaque fois que mes doigts rencontraient la protubérance du cadavre sous les cinq épaisseurs de papier de toilette qui devaient servir à la ramasser… Mais, quand même, je l’ai fait moi-même sans alerter les voisins ! Pour tous ceux qui seraient dubitatifs devant le récit d’une telle expérience, je tiens à vous rappeler qu’Andromède est cette même fille qui avait déserté son appart durant 3 jours en 2002 parce qu’elle avait trouvé une guêpe morte dans son linge sale sur le plancher de sa chambre! Et qu’en 2006 elle a appelé une amie en larme parce qu’il y avait un taon « plus gros qu'elle » dans le salon… et qu'elle est restée enfermée dans sa chambre jusqu’à temps que Persée revienne du travail pour débusquer le monstre… Donc, vous comprenez mieux maintenant l’ampleur de la réussite lorsque je dis que j’ai écrasé et ramassé une bibitte (bon, après deux jours à regarder de loin le soulier qui avait servit d’arme contondante… et sous lequel reposait le cadavre) !

De plus, hier, j’ai fait de la cuisine… mais autrement que pour des raisons utilitaires, pour le plaisir ! (Je vous rappelle encore une fois qu’Andro est le genre à se laisser mourir de faim si Persée ne rentre pas souper !) Donc, j’ai pris des ingrédients dans mon frigo et j’ai décidé de les agencer selon mon imagination, ce qui fait que j’ai très bien mangé, et soupé deux fois ! La première fois j’ai mangé une quiche aux trois fromages (bon, celle-là je n’ai eu qu’à la faire réchauffer au four) et une salade tiède de mesclun agrémenté d’un mélange de courgettes, champignons et tomates chaudes le tout arrosé d’une vinaigrette aromatisée aux framboises et basilic (tout ça fait maison !). Ensuite, grosso modo à partir des mêmes ingrédients, j’ai inventé un gratin, en ajoutant des morceaux de poulet (que j’avais pensé à pré-cuire !), de la sauce à la crème aux champignons et recouvert de fromage Gouda. Il m’en reste encore, si vous passez par chez-moi dans la semaine je vous ferai goûter avec plaisir !

Puis… la plus grosse différence est sûrement informatique… Je n’ai pas encore réussi à tout contrôler, mais depuis mon arrivée j’ai fait fonctionner ma webcam, utiliser un nouveau logiciel (Skype), branché un micro, utilisé Photoshop pour réduire le poids de plusieurs photos et autres petites choses dans le genre qui se seraient autrement résumées par un PERSÉÉÉÉÉÉÉÉEEEE VIENT M’AIDER si j’avais été à la maison!

J’ai également fait deux lavages même s’il restait encore du linge dans mes tiroirs et lavé deux fois la vaisselle même si j’ai un lave-vaisselle ! Et depuis que je suis à Paris, je n’ai mangé qu’une seule fois au McDo… bon faut dire que le goût du « Royal cheese » m’a un peu dégoûtée, mais bon ! Et, ô bonheur, j’ai pu aller au cinéma à trois secondes d’avis!

Pourtant, je me suis toujours considérée comme une fille très indépendante, mais il faut bien admettre que le couple à tendance à me ramollir… car la dernière fois que je me suis sentie comme je sens aujourd’hui c’était en 2003, durant ma dernière année de célibat. Il me semble donc j’étais plus indépendante à 23 ans qu’à 27… et je dois dire que c’est un constat qui ne me plaît pas beaucoup !

Laisser tomber sa carapace et défoncer le mur de six pieds qu’on avait érigé autour de soi pour permettre à quelqu’un d’entrer dans sa vie et d’atteindre son cœur vient-il toujours avec une certaine dépendance envers cette personne ? Pourtant j’essaie de voir en quoi Persée lui aussi aurait pu ramollir au cours des trois dernières années et ce que je trouve n’est pas très concluant… le linge propre est plié avant d’être mis dans les armoires… il mange des légumes au moins une fois par semaine… il a plus de vêtements, il lit le Devoir et écoute le 95,1. Sinon quoi d’autre ? Dépend-t-il vraiment de moi pour des activités de base ? C’est lui qui fait à manger, qui call l’heure du dodo, qui déplace les meubles, qui repasse ses chemises, qui agence ses cravates, qui suggère les achats électroniques. Ah oui, finalement, je vois, la paperasse, c’est moi qui m’occupe de la paperasse, des impôts, des comptes, etc. Ok, c’est pas si pire, c’est moins déprimant que je pensais… Je reste quand même minimalement adulte en sa présence !

Mais, quand même, la question reste là, pourquoi le couple diminue-t-il mes compétences? Suis-je toute seule à vivre cela ? Et est-ce un signe de confiance ou un acte de soumission ? Le côté positif dans tout cela, c’est que je me rends compte que si mes dépendances sont réelles, elles ne sont que pratiques et pas intellectuelles… La manière dont je réfléchis, ce que je pense m’appartient entièrement. Bien sûr Persée me stimule, m’apporte beaucoup de réflexion, de culture, mais je pense que cela va dans les deux sens. En fait, je suis certaine que ça va dans les deux sens et je crois même que c’est pour ça qu’on s’aime autant ! Je sais que je ne suis pas un pur esprit, mais on s’entend, n’est-ce pas l’essentiel ? Le reste, la bouffe, le ménage, les bibittes est-ce si important ? Est-ce vraiment ça qui fait une vie ? Non, je ne pense pas … La couleur des murs est moins importante que mes opinions politiques et la marque de la télé fichtrement moins que ce qu’on décide de mettre dedans ! D’ailleurs on a encore une vieille Trinitron des années 70, mais c’est grâce à ma mémoire d’éléphant qu’on a découvert West Wing ! Alors, tout va bien… Je peux continuer à vivre en paix, je ne suis pas une affreuse sangsue aspirant l’énergie vitale de son amoureux !

Mais bon, quand même, la solitude que je vis actuellement me permet de réaliser chacune de mes petites dépendances… ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, et j’espère bien que ça me permettra de changer certaines choses à mon retour ! Sauf pour les bibittes… pour les bibittes je sais que ça changera rien, mais c’est une phobie… et qu’est-ce qu’on peut faire contre une phobie, je vous le demande ?

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Une phobie? on l'écrase avec une chaussure et on ramasse avec un kleenex.

M.J.Dorion a dit…

Tu n'est pas dépendante, je t'ai simplement offert un cadeau en réalisant ton rêve de jeune fille : devenir princesse. Tu l'as accepté avec joie et un sourire que je n'oublierai jamais.

Seulement, voilà que la jeune fille devient femme et la princesse devient reine au moment où elle tend la main au sujet, lui demandant d'être son égal.

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfant, dont un asthmatique et une deuxième chatte.

(vous entendez les violons?)