vendredi 3 août 2007

Persée et Andromède

Mardi, Andromède s’est levée de bon matin pour aller chercher Persée à l’aéroport Charles de Gaulle.

Mon billet de RER pour me rendre à CDG était acheté depuis la veille, je n’avais plus qu’à partir à l’heure afin de ne pas manquer mes correspondances. Durant le trajet d’allée, je suivais Persée pas à pas. Une demi-heure avant l’atterrissage, je me disais qu’il devait survoler la Normandie et maintenant voir la terre de France par son hublot, si les nuages le permettaient. Quinze minute avant l’atterrissage, je me disais que s’il était comme moi, les tympans devaient maintenant avoir envie de lui exploser. Et finalement, rendue au terminal 3, son avion venait juste d’atterrir. J’ai d’abord vu une première brassée de blonds sortir, puis ce fut le tour des roux… en regardant sur les écrans d’informations, j’ai pu confirmer mon intuition : le premier vol venait de Copenhague et le second de Manchester. Je me suis dit que lorsque je verrais les bruns arrivés, ce serait signe que le vol d’Air Transat en provenance de Montréal commençait sa sortie. Et comme de fait ! Persée ne fût pas long à m’apparaître. Seuls quelques passagers de la classe Club sortirent avant lui.

Je m’étais installée dans un endroit où Persée pouvait me voir facilement dès sa sortie, mais quand même assez loin des portes pour que mon ultra civique amoureux n’ait pas peur de bloquer le chemin lorsqu’il me rejoindrait et s’arrêterait pour m’embrasser.

Avant de partir, j’avais essayé de me faire assez jolie pour qu’il ne soit pas déçu, peut-être aussi afin d’égaler cette image toujours améliorée que j’ai l’impression qu’il se fait de moi. À voir son air lorsqu’il a franchi les portes, je pense c’était assez réussi. Il était là, tout magnifique dans sa chemise blanche et ses jeans, les cheveux en bataille comme je les aime, la barbe bien taillée. Est-ce possible d’avoir l’air à ce point d’une gravure de mode en sortant d’un vol de sept heures?

Quand son regard s’est accroché au mien, il ne l’a plus lâché. Il avait vraiment l’air de regarder un ange mon Persée, sa démarche s’est faite plus lente comme s’il savourait toutes les secondes qui le rapprochait de moi. Mes bras d’abord noués sous ma poitrine se sont automatiquement tendus vers lui lorsque je l’ai vu, et j’ai cru remarquer les vingt personnes accotées à la rambarde se retourner devant son air de béatifié. Je n’ai pas pu attendre qu’il me rejoigne et c’est à mi-chemin que je l’ai rencontré. Il était là, contre moi, finalement. Et cela faisait cinq semaines… et on aurait dis des mois et des mois !

Les retrouvailles sont une chose magique, et c’est presque un bonheur de se séparer lorsque l’on sait qu’elles auront lieu. Mais les vivre, après les avoir tant imaginer a vraiment quelque chose de surréel qui abolit toutes les craintes et les incertitudes et qui permet finalement au cœur de respirer après une trop longue apnée.

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