À la recherche de quelque chose à vous écrire, Andromède s’est mise à énumérer pour elle-même les sujets d’actualité qui pourraient susciter de sa part une opinion franche et tranchée. Vous savez, quelque chose qu’elle pourrait partager avec vous en s’indignant légèrement et en rigolant un peu…
Cependant, il appert que rien ne provoque ces temps-ci ce genre d’opinion chez Andromède. Interviewée dernièrement sur la rue Saint-Denis par une journaliste de la radio de Radio-Canada, elle a d’ailleurs livrée en 10 longues minutes la preuve vivante de son ambivalence ambiante :
- Est-ce que je trouve qu’il faut sauvegarder la forêt boréale ? Probablement. J’en sais rien. Richard Desjardins le dit. Guy Chevrette est contre. Quand on me présentera des faits ne provenant pas de gens à l’opinion biaisée je reconsidèrerai la question. Pour l’instant je n’ai pas assez d’informations pour avoir une opinion.
- Est-ce que j’approuve les stratégies de Greenpeace ? L’activisme extrémiste ne me touche pas et je n’ai pas à approuver ou non, ils savent ce qu’ils font lorsqu'ils rameutent faussement la presse mondiale autour des bébés phoques. Ils manquent donc parfois de discernement.
- Est-ce que je pense que les gens approuvent les stratégies de Greenpeace ? Je n’en sais rien. Probablement pas quand le sort économique de leur région dépend d’un projet dénoncé par le groupe écologiste.
- À mon avis, pourquoi Greenpeace agit-il toujours au moyen de coups d’éclat ? Sans doute pour attirer l’attention des médias et des gens sensibles à ce type de stratégies.
-Donc, est-ce que je trouve que Greenpeace utilise de bonnes stratégies ? Leurs stratégies ne me touchent pas, mais ils ont dû faire une étude marketing pour savoir quels étaient les moyens les plus efficaces pour faire parler d’eux. Ils sont meilleurs juges que moi là dessus.
Sourire de la journaliste. Elle ne m’a pas demandé mon nom. Je ne pense pas être incluse dans son reportage.
Ben oui, il faut être naïf pour penser que Greenpeace n’engage pas de finissants en communication-marketing. L’intelligence des étudiants en communication-marketing fut d’ailleurs démontrée ce week-end lors de la première d’Occupation Double, dimanche, alors qu’une de ses étudiantes fut choisie comme participante.
Quoi ? Vous trouvez mes barèmes d’évaluation non pertinents ?
D’accord, j’admets que mes commentaires sur les étudiants de communication-marketing sont complètement gratuits. Ça l’air que mon bureau de l’UQÀM me rend élitiste. Une élitiste à l’université du Peuple! Vite, sauvez-moi, car l’asso étudiante va venir me kidnapper pour me bruler en effigie lors de leur prochaine réunion portant sur un vote de grève !
Tiens, un autre sujet où je pourrais avoir une opinion tranchée. Une grève étudiante. Pourtant, encore une fois, je n’ai pas d’opinion toute faite. Étant à la maîtrise, la grève ne me touchera pas. Je vais continuer à travailler toute seule dans mon coin, je vais continuer mon contrat de recherche… et rien. Tiens, j’irai peut-être à une manif si le slogan est bon. Ok, je me force… mon opinion? L’université devrait être gratuite au bacc et, aux études supérieures, on devrait nous payer pour compléter une maîtrise et un doctorat ! Les chances que ça l’arrive ? À peu près proportionnelles à celles de l’indépendance du Québec ! Alors…
Ok, donc ça c’était pour illustrer la partie « ambivalence » du message. Maintenant, la partie « nostalgie ».
Ce midi, j’ai eu l’idée saugrenue de vouloir manger.
Oui, vous savez, cette activité que l’on répète ad nauseam au cours de notre vie… Car ce qui est moche avec la faim, c’est qu’elle revient tout le temps ! Comme le soleil qui se lève… où les grèves étudiantes à l’UQÀM, tiens!
Donc, il est midi et je veux manger. Ma première idée : La Ferme. Le hic, c’est que ce resto est à Paris. C’est alors que s’abattit sur moi une vague de mélancolie. Je m’imaginai au coin de St-Honoré et St-Roch plutôt que Ste-Cath et St-Denis… (C’est Saints, ils sont omniprésents quand même!). Bref, je me suis vue sortie de l’Opéra, marchant sur le grand boulevard haussmanien jusqu’à La Ferme, me commander un Café au lait et un Pasteis et me prendre un sandwich fucké, pour plus tard, quand j’aurais faim dans l’après-midi. Alors, j’ai pensé au nouveau resto self-service du même genre qui a ouvert face à l’UQAM sur St-Denis. Mais, tout m’y a semblé plate. Même pas de sandwich au fromage de chèvre et confitures d’oignons. Alors je suis sortie l’air dépité pour me diriger vers le Kilo qui vient d’ouvrir à côté. J’ai commandé une salade Popeye : épinards, mandarines, luzernes, champignons, amandes et tranche de pain pumpernickel. C’était excellent. Mais ce n’était pas la Ferme et la fille à la caisse avait les cheveux rouges et noirs, plein de percing et pas d’accent français. Ok, c’est chouette. À Paris, arrangée comme ça, elle n’aurait jamais pu travailler. Ici, elle passe inaperçue… elle n’avait même pas de tatouages sur le visage, tsé veut dire !
Morale de cette journée ? L’ambivalence et la nostalgie ne font jamais bon ménage et mènent souvent au cynisme, jusqu’à temps de se faire servir par une jeune fille au eye-liner omniprésent...
1 commentaire:
Ces seins, ils sont omniprésents quand même!
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