mercredi 21 novembre 2007

Il y a des silences nécessaires...

Vous savez, c'est comme dans un film où l'une des fusées Apollo est dans l'espace. À chaque retour de mission, on voit une scène où tous les ingénieurs de la NASA sont silencieux, en attente de la voix d'un astronaute qui confirmera que lui et ses compagnons n'ont pas cramés lorsque leur capsule a retraversée l'atmosphère.

Eh bien, aujourd'hui Andromède vous confirme qu'elle n'a pas cramée! Elle est bien vivante, en un morceau et même plutôt heureuse. Je ne flotte pas quelque part dans l'océan. Je suis même assez bien ancrée dans mon continent. Alors qu'est-ce qui a bien pu créer ce silence radio si longuet ? J'aurais tendance à blâmer le passage des ans. Et aussi une réorientation intérieure.

Il n'est pas facile d'écrire lorsqu'on ne sait plus à qui s'adressent nos mots. Et comme ce genre de questions s'inscrit parmi les très philosophiques: "Qui suis-je?", "Sommes-nous seuls dans l'univers?" et "Qui remplacera Bush en 2008?", la réponse n'est pas automatique, évidente ou même seulement à choix multiples. Pour dire vrai, je n'ai pas encore trouvé ma réponse.

Mais Andromède n'a pas cramée. Et, ça, c'est le plus important.

Par contre, elle a eu 28 ans.

Est-il possible d'avoir un âge et de se sentir comme si on le portait doublement? J'ai 28 ans, mais parfois je me sens comme si j'en avais le double. Mais aussi, souvent, le quart. Être si vieille et si jeune en même temps, côtoyer les espoirs et les désillusions, nager dans les peurs nouvelles et dans les éternelles. En connaître assez pour savoir qu'on ne connaît rien... De toute évidence, et sans faire de mauvaise comparaison, Socrate a déjà eu 28 ans lui aussi!

Alors...

Le silence. Reposant, comme à la fin d'une toune de heavy metal. Plein, comme à la fin d'un poème de Verlaine. Épeurant, comme pour un ingénieur de la Nasa. Mais, surtout, riche, comme quand on tient la main de quelqu'un qu'on aime.

Andromède ne sait plus pour qui elle écrit. Par contre, elle sait que vous avez probablement tous des mains. Des mains à prendre pour aller plus loin. Des mains à tenir pour que les mots, dans le silence, même s'ils ne racontent rien, existent.

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