vendredi 3 août 2007

Andromède à la bibliothèque

Lundi dernier, le 31, Andromède s’est rendue pour la dernière fois à la biblio des arts déco afin de prendre des photos numériques de certains ouvrages importants pour sa recherche.

Lors des dernières semaines j’ai eu l’occasion de lire toute sorte de chose. Des articles très critiques, d’autres enflammés d’admiration pour mon artiste. Mais ce que j’ai trouvé le plus saisissant, à travers toute cette expérience, c’est le sentiment nouveau que j’ai découvert lorsqu’au hasard de mes lectures je tombais sur des informations fondamentales pour ma recherche ou un détail anodin qui confirmait cependant mes théories.

Cette montée d’endorphine qui fait planer et rappelle l’émotion du premier baiser. Ce picotement dans mon nez qui annonce l’activation de mes glandes lacrymales et mes yeux qui se mouillent un instant. Bref, ce sentiment euphorisant de découverte, cette émotion forte ressentie à la lecture d’un livre. J’imagine que la découverte d’un nouveau genre de plaisir est toujours un peu mystique… celui-ci me laisse songeuse et me permets d’entrevoir les bonheurs qu’une vie dédiée à la recherche peut procurer.

***

Suite à la prise de ses photographies, Andromède s’est ensuite rendue dans une nouvelle bibliothèque, celle de l’INHA ou Institut National d’Histoire de l’Art. C’est un peu par hasard qu’elle a découverte cette bibliothèque… en faisant des recherches infructueuses sur le site web de la BNF, elle est finalement tombé sur une info mentionnant que tous les périodiques entre 1887 et 1988 n’étaient pas entrés dans le catalogue informatisé et qu’il fallait se rendre sur place ou consulter celui de l’INHA pour les périodiques artistiques.

En Amérique, c’est le genre d’info qui aurait été encadré en rouge et mentionné sur toutes les pages de recherches. Ici, pas du tout… fais une recherche, tombe sur un livre qui se trouve dans un emplacement géographique obscure de la BNF, décide de fouiller et d’aller voir quel est cet emplacement obscure, découvre que c’est là que sont les périodiques dédiés à l’histoire et à la littérature et, finalement, lis une petite note dans le bas d’une page qui mentionne, entre autre, qu’il y a un trou de 100 ans dans l’informatisation du catalogue des périodiques de la Bibliothèque Nationale de France.

Bon, respirer par le nez et se répéter cette phrase comme un mantra : « C’est pas de leur faute, ils sont Français… » Vous allez voir, ça l’aide beaucoup à se calmer quand on a la moutarde qui nous monte au nez !

Ce qui est très pratique avec la bibliothèque de l’INHA, c’est qu’il suffit d’être étudiante à la maîtrise en histoire de l’art pour y avoir accès. Pas besoin de présenter de lettre de recommandation, ni de bibliographie, ni de passer d’entrevue de sélection avec un bibliothécaire… vous trouvez que j’exagère ? et bien pas du tout : toutes ces dernières démarches énumérées sont celles nécessaires pour accéder à la BNF !

Mais Andromède va bientôt devenir une experte dans l’accession aux bibliothèques et dès lundi prochain, elle entend d’aller passer le fameux « entretien » pour avoir accès aux fonds de la BNF… c’est à suivre.

Petite mention sur la bibliothèque de l’INHA… c’est assez magnifique ! Dans une grande salle ovale surmontée d’un dôme en verre, on s’assoit à une place qui nous est attribuée, on fait ensuite la demande de nos livres, qu’un commis va chercher sur l’un des quatre étages de la bibliothèque faisant le tour complet de la salle. Bon, je vous épargne les détails sur le fonctionnement des 2 photocopieuses (pour 150 personnes !) et du tintamarres des machines permettant la lecture des microfilms, mais Andromède a quand même réussit à y trouver des articles et ouvrages essentiels pour sa recherche. Il y a également un poste de photographie numérique avec spots intégrés qui permettent de faire de très belles photos, et ce, gratuitement !

Je vous en mettrai quelques exemples en ligne un peu plus tard. En attendant, Andromède s'en va retrouver Persée pour aller débaucher un autre musée !

Persée et Andromède

Mardi, Andromède s’est levée de bon matin pour aller chercher Persée à l’aéroport Charles de Gaulle.

Mon billet de RER pour me rendre à CDG était acheté depuis la veille, je n’avais plus qu’à partir à l’heure afin de ne pas manquer mes correspondances. Durant le trajet d’allée, je suivais Persée pas à pas. Une demi-heure avant l’atterrissage, je me disais qu’il devait survoler la Normandie et maintenant voir la terre de France par son hublot, si les nuages le permettaient. Quinze minute avant l’atterrissage, je me disais que s’il était comme moi, les tympans devaient maintenant avoir envie de lui exploser. Et finalement, rendue au terminal 3, son avion venait juste d’atterrir. J’ai d’abord vu une première brassée de blonds sortir, puis ce fut le tour des roux… en regardant sur les écrans d’informations, j’ai pu confirmer mon intuition : le premier vol venait de Copenhague et le second de Manchester. Je me suis dit que lorsque je verrais les bruns arrivés, ce serait signe que le vol d’Air Transat en provenance de Montréal commençait sa sortie. Et comme de fait ! Persée ne fût pas long à m’apparaître. Seuls quelques passagers de la classe Club sortirent avant lui.

Je m’étais installée dans un endroit où Persée pouvait me voir facilement dès sa sortie, mais quand même assez loin des portes pour que mon ultra civique amoureux n’ait pas peur de bloquer le chemin lorsqu’il me rejoindrait et s’arrêterait pour m’embrasser.

Avant de partir, j’avais essayé de me faire assez jolie pour qu’il ne soit pas déçu, peut-être aussi afin d’égaler cette image toujours améliorée que j’ai l’impression qu’il se fait de moi. À voir son air lorsqu’il a franchi les portes, je pense c’était assez réussi. Il était là, tout magnifique dans sa chemise blanche et ses jeans, les cheveux en bataille comme je les aime, la barbe bien taillée. Est-ce possible d’avoir l’air à ce point d’une gravure de mode en sortant d’un vol de sept heures?

Quand son regard s’est accroché au mien, il ne l’a plus lâché. Il avait vraiment l’air de regarder un ange mon Persée, sa démarche s’est faite plus lente comme s’il savourait toutes les secondes qui le rapprochait de moi. Mes bras d’abord noués sous ma poitrine se sont automatiquement tendus vers lui lorsque je l’ai vu, et j’ai cru remarquer les vingt personnes accotées à la rambarde se retourner devant son air de béatifié. Je n’ai pas pu attendre qu’il me rejoigne et c’est à mi-chemin que je l’ai rencontré. Il était là, contre moi, finalement. Et cela faisait cinq semaines… et on aurait dis des mois et des mois !

Les retrouvailles sont une chose magique, et c’est presque un bonheur de se séparer lorsque l’on sait qu’elles auront lieu. Mais les vivre, après les avoir tant imaginer a vraiment quelque chose de surréel qui abolit toutes les craintes et les incertitudes et qui permet finalement au cœur de respirer après une trop longue apnée.