vendredi 24 août 2007

Vendredi soir sur mon balcon

Revenir est une chose, attérir en est une autre.

Ce soir, là maintenant, immédiatement, je peux dire que j'ai attéri.

Il faisait chaud chez-nous, collant, et ma Pixelle n'arrêtait pas de miauler son mal de vivre. J'ai donc pris le taureau par les cornes et j'ai décidé d'arrêter de faire assemblant de travailler à un de mes résumés, je me suis déloguée de Facebook, j'ai fermé Perez Hilton, j'ai abandonné la partie de soccer dans ma télé et j'ai été m'acheter de la bière ! Ce qui fait que maintenant tout le monde est heureux. Ma Pix est sur son balcon où elle peut écornifler tous les autres quadrupèdes à proximité et moi je frissonne pour la première fois de la journée en buvant ma bière et en vous écrivant de sur ma galerie.

Alors... revenir.

J'ai été déboussolée longtemps, j'ai encore une oreille de bouchée, je me demande souvent ce que je fais là. La reclimatation tient à des petits riens. Je ne suis plus perdue le matin parce que la voix d'Homier-Roy me situe rapidement. En passant, est-ce juste moi qui trouve qu'il a pris un accent québécois lui ? Anyway... en ce moment je trouve que même Daniel Pinard a un accent québécois! Je ne dois pas être une très bonne référence... j'ai même cru remarquer quelques fautes de syntaxe dans mon Devoir de ce matin... bref, passons.

Les gens. Oui, c'est avant tout les gens qui ont fait une différence. Devant mon mutisme depuis mon retour Séléné c'est énervée et m'a rappelée son existence dans un sympatique courriel. Je pense que je n'avais pas fini de le lire que je composais déjà son numéro. Ça m'a fait un bien fou de lui parler, de renouer un contact de proximité... alors, après avoir raccroché, j'ai téléphoné à mon autre alter-ego, Cassandre, et on en a profité pour aller prendre un café, puis marcher un peu sur la montagne. C'est une magnifique façon de renouer avec sa ville que de la saluer à sa hauteur. Du belvédère, je voyais le fleuve qui s'étirait comme un long ruban bleu à l'horizon et, entre deux gratte-ciel, une montagne qui se profilait contre un ciel pâle. Je suis nulle en montagnes québécoises, je ne sais pas c'était laquelle, mais comme ça, dans le sfumato du paysage, je peux vous dire qu'elle ressemblait au mont Fudji tel que représenté par Hokosuaï dans ses célèbres gravures.

Après une conversation avec Cassandre qui m'a fait immensément de bien, j'ai finalement réussi à ressentir ce quelque chose se rapprochant de la plénitude que mes longues semaines de solitude avaient réussies à m'apporter. C'est donc le coeur très léger que j'ai pu me rendre à une rencontre aussi assez spéciale.

Il y a quelques années lumière de cela Andromède a participé à la bulle informatique en travaillant pour une compagnie qui se spécialisait en confection de sites web, K-OS. Était-ce uniquement à cause de mon jeune âge (j'avais 19 ans quand j'y suis entrée) ou parce que c'était mon premier boulot à temps plein, mais l'année que j'ai passé chez K-OS m'a semblée être une année un peu magique. Je pense que mes plus beaux souvenirs de job s'inscrivent là-bas. Les 5 à 7 du vendredi payer par la compagnie, la franche camaraderie, être une des rares filles dans un monde de gars, une job que j'aimais vraiment et que j'allais faire sans rechigner à tous les matins. Ne pas savoir de quoi chaque journée serait faite, le croissant amande choco du matin, la cigarette et le blabla de 10 heures, la Cucina le midi, une autre pause clope dans l'aprem et entre tout ça, répondre au téléphone bien sûr, mais aussi mille et une autre chose. Des choses que j'ai toutes faites là pour la première fois, de la correction, de la traduction, de la rédaction et que je continue à faire aujourd'hui avec plaisir. Bref, hier, grâce à Facebook, s'était organisé une réunion d'anciens k-ossiens. Nous n'étions pas nombreux, mais assez pour que je retrouve un peu de cette ambiance particulière. Mettre un pied dans son passé ramènerait donc sur terre ?

Et, là, finalement, vous. Andromède se sent rouillée, comme si elle avait oubliée les mots qu'il fallait pour vous parler. Comme si il fallait d'abord qu'elle se retrouve en elle-même avant d'être capable de partager.

Mais ce soir, sur mon balcon, malgré un rythme étriqué et des idées décousues, une étoile à filée et je m'y suis accrochée... m'avez-vous vu passer ?

mardi 21 août 2007

Le retour...

De retour à Montréal, Andromède regarde en arrière et ne sait pas encore quoi vous dire...
Elle a envie d'emprunter une de ses fleurs du mal à Baudelaire et de vous l'offrir.
C'est un magnifique et long poème dans lequel vous vous reconnaîtrez peut-être parfois.
Prenez le temps. Assoyez-vous confortablement, respirez lentement et laissez-vous bercer comme moi par le flot des vers...


Le Voyage

Charles Baudelaire

À Maxime Du Camp

I

Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent
D’espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom !

II

Nous imitons, horreur ! la toupie et la boule
Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule,
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n’étant nulle part, peut être n’importe où !
Où l’Homme, dont jamais l’espérance n’est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou !

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
Une voix retentit sur le pont : « Ouvre l’œil ! »
Une voix de la hune, ardente et folle, crie :
« Amour... gloire... bonheur ! » Enfer ! c’est un écueil !

Chaque îlot signalé par l’homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin ;
L’Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.

Ô le pauvre amoureux des pays chimériques !
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d’Amériques
Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis ;
Son œil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.

III

Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d’astres et d’éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.

Dites, qu’avez-vous vu ?

IV

« Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d’imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

Les plus riches cités, les plus beaux paysages,
Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages.
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

- La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès ? - Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

Nous avons salué des idoles à trompe ;
Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse. »

V

Et puis, et puis encore ?

VI

« Ô cerveaux enfantins !

Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché :

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût ;
L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout ;

Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
La fête qu’assaisonne et parfume le sang ;
Le poison du pouvoir énervant le despote,
Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;

Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

L’Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
« Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! »

Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l’opium immense !
- Tel est du globe entier l’éternel bulletin. »

VII

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit
Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit,

Comme le Juif errant et comme les apôtres,
À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme : il en est d’autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.

Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu’autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le cœur joyeux d’un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : « Par ici ! vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé ! c’est ici qu’on vendange
Les fruits miraculeux dont votre cœur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n’a jamais de fin ! »

À l’accent familier nous devinons le spectre ;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
« Pour rafraîchir ton cœur nage vers ton Électre ! »
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.

VIII

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

jeudi 16 août 2007

Andromède et les touristes

Comme vous avez pu le remarquer dans les derniers jours (dernières semaines), Andromède a pris des vacances communicationnelles. Ce soir, pour la première fois depuis longtemps, elle a pourtant envie d'écrire. Mais, tellement de choses ont occupées ces derniers jours, par quoi commencer ?

Je crois donc qu'une rubrique en vrac s'impose...

Paris au mois d'août
Je croyais que c'était un mythe, mais au mois d'août, il ne reste vraiment que très peu d'autochtones dans Paris. Soit ils se terrent et évitent de sortir pour ne pas marcher sur un touriste, soit ils sont vraiment tous parti vers un ailleurs meilleur assorti d'une plage, d'une mer et d'un manteau de fourrure pour lutter contre la température abominable annoncée dans ma télé.

Maintenant, les touristes. Ils sont partout, partout, partout. Ils ont même envahi Vincennes ! Comment les reconnaître ? Ils ne parlent pas au cellulaire, se tiennent en groupe minimal de trois et débarquent à la station Louvre-Rivoli.

Activité amusante
Évaluons les touristes de manière complètement arbitraire par nationalités interposées. Pourquoi Andromède choisit-elle cet élément identitaire comme base comparative? Parce qu'on n'est jamais autant représentatif de sa Kultur qu'en meute et hors de chez-soi! Je vous donne un exemple? Ok, si vous y tenez... En voyage avec un groupe de 40 Québécois Uqamiens à Berlin à l'été 2003, Andromède, qui peut normalement être perçue comme une jeune fille aux moeurs raffinées et à l'esprit inspiré, s'est retrouvée autour d'une table avec 15 compagnons de voyage à gueuler "Y'a-tu de la biére icitte? Si y'a pas de biére icitte, moé j'sacre mon camp d'icitte !!!" à tutête en frappant allégrement la dite table des deux mains avec tant d'énergie que nous n'avons pu 'inspirer que le respect aux Allemands présents.

Bon, bref. Devant un tel argument inclinez-vous, ma démonstration est faite. Maintenant jouons à mon jeu!

Voici donc mon top 5 :
5-La dernière des positions est remise sans aucune hésitation aux Japonais. Pas qu'ils aient des moeurs particulièrement dégénérées, non c'est plutôt leur nombre qui joue contre eux. Ils sont tellement nombreux qu'on pourrait les qualifier d'innombrables ! Ils se déplacent toujours en meute et photographient tous les même choses. Vous cherchez votre ami nippon longuement égaré? Allez voir au Louvre devant la Joconde de Vinci ou la Liberté guidant le peuple de Delacroix et vos chances de retrouvailles en seront grandement améliorées!
4-L'avant-dernière position voit apparaître les Européens, ou le RDLE (note du traducteur: reste de l'europe). Bon, disons qu'ils se sentent partout chez-eux, qu'ils sont extrèmement bruyant, que leurs enfants sont mal-élevés et que les parents ont des moeurs bizarres: genre se planter devant une toile à un pied de distance pour être certain d'apparaître dans toutes les photos de leurs congénères et les miennes aussi.
3-Les Américains se méritent la place médiane à cause de l'air d'ébahissement pouvant constamment se lire sur leur visage. Andromède apprécie donc qu'ils affichent cet air de modestie et de surprise continuelle. Un peu plus et ceux que j'ai vu portaient un écusson : " I'm an american but, please, don't hit me !"
2-Les Québécois sont en deuxième place parce qu'ils parlent français et sont donc très aimé des travailleurs de boutique à souvenirs. Par contre ils ne sont pas premiers parce que, des fois, ils ont un criss d'accent tellement pas subtil que l'oreille me cille!
1-Les Français sont bons premiers parce que si ce n'était de leur air "Perdu dans la grande Capitale", on ne pourrait même pas les identifier, donc bref, ils se fondent à leur propre masse!

Bon, c'est tout pour ce soir ! Persée proteste et je suis suis mieux d'abdiquer si je ne veux pas qu'il me réenchaîne à mon rocher ! :-)

mardi 7 août 2007

Référénces galactiques

Chers Andromédiens bonjour !

Je sais, depuis quelques temps Andromède vous néglige. Vous devinerez probablement que l'arrivée de Persée y est pour beaucoup. Cependant, Andro ne pense pas moins à vous !

Afin de vous permettre de continuer à la suivre pendant qu'elle s'épuise les pieds sur les pavés de Paris et le cerveau à l'écriture de son roman, Andro a pensé vous référer au blogue de Persée qui est beaucoup plus constant qu'elle même et qui raconte très bien de sa manière rigolotte nos péripéties parisiennes.

Alors, pour les aventures des derniers jours cliquez ici.
Vous avez également les prémisses du voyage dans ses liens à gauche et plusieurs photos , et .

Pour regarder et entendre une petite vidéo filmée par votre couple mythologique adoré et réalisé exclusivement par notre pourfendeur de Méduse préféré voir ci-bas:



(Pour les membres de ma famille de plus de 50 ans: vous cliquez sur la grosse flèche au centre du carré ci-dessus en prenant soin d'ouvrir vos haut-parleurs préalablement! xxx)

vendredi 3 août 2007

Andromède à la bibliothèque

Lundi dernier, le 31, Andromède s’est rendue pour la dernière fois à la biblio des arts déco afin de prendre des photos numériques de certains ouvrages importants pour sa recherche.

Lors des dernières semaines j’ai eu l’occasion de lire toute sorte de chose. Des articles très critiques, d’autres enflammés d’admiration pour mon artiste. Mais ce que j’ai trouvé le plus saisissant, à travers toute cette expérience, c’est le sentiment nouveau que j’ai découvert lorsqu’au hasard de mes lectures je tombais sur des informations fondamentales pour ma recherche ou un détail anodin qui confirmait cependant mes théories.

Cette montée d’endorphine qui fait planer et rappelle l’émotion du premier baiser. Ce picotement dans mon nez qui annonce l’activation de mes glandes lacrymales et mes yeux qui se mouillent un instant. Bref, ce sentiment euphorisant de découverte, cette émotion forte ressentie à la lecture d’un livre. J’imagine que la découverte d’un nouveau genre de plaisir est toujours un peu mystique… celui-ci me laisse songeuse et me permets d’entrevoir les bonheurs qu’une vie dédiée à la recherche peut procurer.

***

Suite à la prise de ses photographies, Andromède s’est ensuite rendue dans une nouvelle bibliothèque, celle de l’INHA ou Institut National d’Histoire de l’Art. C’est un peu par hasard qu’elle a découverte cette bibliothèque… en faisant des recherches infructueuses sur le site web de la BNF, elle est finalement tombé sur une info mentionnant que tous les périodiques entre 1887 et 1988 n’étaient pas entrés dans le catalogue informatisé et qu’il fallait se rendre sur place ou consulter celui de l’INHA pour les périodiques artistiques.

En Amérique, c’est le genre d’info qui aurait été encadré en rouge et mentionné sur toutes les pages de recherches. Ici, pas du tout… fais une recherche, tombe sur un livre qui se trouve dans un emplacement géographique obscure de la BNF, décide de fouiller et d’aller voir quel est cet emplacement obscure, découvre que c’est là que sont les périodiques dédiés à l’histoire et à la littérature et, finalement, lis une petite note dans le bas d’une page qui mentionne, entre autre, qu’il y a un trou de 100 ans dans l’informatisation du catalogue des périodiques de la Bibliothèque Nationale de France.

Bon, respirer par le nez et se répéter cette phrase comme un mantra : « C’est pas de leur faute, ils sont Français… » Vous allez voir, ça l’aide beaucoup à se calmer quand on a la moutarde qui nous monte au nez !

Ce qui est très pratique avec la bibliothèque de l’INHA, c’est qu’il suffit d’être étudiante à la maîtrise en histoire de l’art pour y avoir accès. Pas besoin de présenter de lettre de recommandation, ni de bibliographie, ni de passer d’entrevue de sélection avec un bibliothécaire… vous trouvez que j’exagère ? et bien pas du tout : toutes ces dernières démarches énumérées sont celles nécessaires pour accéder à la BNF !

Mais Andromède va bientôt devenir une experte dans l’accession aux bibliothèques et dès lundi prochain, elle entend d’aller passer le fameux « entretien » pour avoir accès aux fonds de la BNF… c’est à suivre.

Petite mention sur la bibliothèque de l’INHA… c’est assez magnifique ! Dans une grande salle ovale surmontée d’un dôme en verre, on s’assoit à une place qui nous est attribuée, on fait ensuite la demande de nos livres, qu’un commis va chercher sur l’un des quatre étages de la bibliothèque faisant le tour complet de la salle. Bon, je vous épargne les détails sur le fonctionnement des 2 photocopieuses (pour 150 personnes !) et du tintamarres des machines permettant la lecture des microfilms, mais Andromède a quand même réussit à y trouver des articles et ouvrages essentiels pour sa recherche. Il y a également un poste de photographie numérique avec spots intégrés qui permettent de faire de très belles photos, et ce, gratuitement !

Je vous en mettrai quelques exemples en ligne un peu plus tard. En attendant, Andromède s'en va retrouver Persée pour aller débaucher un autre musée !

Persée et Andromède

Mardi, Andromède s’est levée de bon matin pour aller chercher Persée à l’aéroport Charles de Gaulle.

Mon billet de RER pour me rendre à CDG était acheté depuis la veille, je n’avais plus qu’à partir à l’heure afin de ne pas manquer mes correspondances. Durant le trajet d’allée, je suivais Persée pas à pas. Une demi-heure avant l’atterrissage, je me disais qu’il devait survoler la Normandie et maintenant voir la terre de France par son hublot, si les nuages le permettaient. Quinze minute avant l’atterrissage, je me disais que s’il était comme moi, les tympans devaient maintenant avoir envie de lui exploser. Et finalement, rendue au terminal 3, son avion venait juste d’atterrir. J’ai d’abord vu une première brassée de blonds sortir, puis ce fut le tour des roux… en regardant sur les écrans d’informations, j’ai pu confirmer mon intuition : le premier vol venait de Copenhague et le second de Manchester. Je me suis dit que lorsque je verrais les bruns arrivés, ce serait signe que le vol d’Air Transat en provenance de Montréal commençait sa sortie. Et comme de fait ! Persée ne fût pas long à m’apparaître. Seuls quelques passagers de la classe Club sortirent avant lui.

Je m’étais installée dans un endroit où Persée pouvait me voir facilement dès sa sortie, mais quand même assez loin des portes pour que mon ultra civique amoureux n’ait pas peur de bloquer le chemin lorsqu’il me rejoindrait et s’arrêterait pour m’embrasser.

Avant de partir, j’avais essayé de me faire assez jolie pour qu’il ne soit pas déçu, peut-être aussi afin d’égaler cette image toujours améliorée que j’ai l’impression qu’il se fait de moi. À voir son air lorsqu’il a franchi les portes, je pense c’était assez réussi. Il était là, tout magnifique dans sa chemise blanche et ses jeans, les cheveux en bataille comme je les aime, la barbe bien taillée. Est-ce possible d’avoir l’air à ce point d’une gravure de mode en sortant d’un vol de sept heures?

Quand son regard s’est accroché au mien, il ne l’a plus lâché. Il avait vraiment l’air de regarder un ange mon Persée, sa démarche s’est faite plus lente comme s’il savourait toutes les secondes qui le rapprochait de moi. Mes bras d’abord noués sous ma poitrine se sont automatiquement tendus vers lui lorsque je l’ai vu, et j’ai cru remarquer les vingt personnes accotées à la rambarde se retourner devant son air de béatifié. Je n’ai pas pu attendre qu’il me rejoigne et c’est à mi-chemin que je l’ai rencontré. Il était là, contre moi, finalement. Et cela faisait cinq semaines… et on aurait dis des mois et des mois !

Les retrouvailles sont une chose magique, et c’est presque un bonheur de se séparer lorsque l’on sait qu’elles auront lieu. Mais les vivre, après les avoir tant imaginer a vraiment quelque chose de surréel qui abolit toutes les craintes et les incertitudes et qui permet finalement au cœur de respirer après une trop longue apnée.