Ce soir, là maintenant, immédiatement, je peux dire que j'ai attéri.
Il faisait chaud chez-nous, collant, et ma Pixelle n'arrêtait pas de miauler son mal de vivre. J'ai donc pris le taureau par les cornes et j'ai décidé d'arrêter de faire assemblant de travailler à un de mes résumés, je me suis déloguée de Facebook, j'ai fermé Perez Hilton, j'ai abandonné la partie de soccer dans ma télé et j'ai été m'acheter de la bière ! Ce qui fait que maintenant tout le monde est heureux. Ma Pix est sur son balcon où elle peut écornifler tous les autres quadrupèdes à proximité et moi je frissonne pour la première fois de la journée en buvant ma bière et en vous écrivant de sur ma galerie.
Alors... revenir.
J'ai été déboussolée longtemps, j'ai encore une oreille de bouchée, je me demande souvent ce que je fais là. La reclimatation tient à des petits riens. Je ne suis plus perdue le matin parce que la voix d'Homier-Roy me situe rapidement. En passant, est-ce juste moi qui trouve qu'il a pris un accent québécois lui ? Anyway... en ce moment je trouve que même Daniel Pinard a un accent québécois! Je ne dois pas être une très bonne référence... j'ai même cru remarquer quelques fautes de syntaxe dans mon Devoir de ce matin... bref, passons.
Les gens. Oui, c'est avant tout les gens qui ont fait une différence. Devant mon mutisme depuis mon retour Séléné c'est énervée et m'a rappelée son existence dans un sympatique courriel. Je pense que je n'avais pas fini de le lire que je composais déjà son numéro. Ça m'a fait un bien fou de lui parler, de renouer un contact de proximité... alors, après avoir raccroché, j'ai téléphoné à mon autre alter-ego, Cassandre, et on en a profité pour aller prendre un café, puis marcher un peu sur la montagne. C'est une magnifique façon de renouer avec sa ville que de la saluer à sa hauteur. Du belvédère, je voyais le fleuve qui s'étirait comme un long ruban bleu à l'horizon et, entre deux gratte-ciel, une montagne qui se profilait contre un ciel pâle. Je suis nulle en montagnes québécoises, je ne sais pas c'était laquelle, mais comme ça, dans le sfumato du paysage, je peux vous dire qu'elle ressemblait au mont Fudji tel que représenté par Hokosuaï dans ses célèbres gravures.
Après une conversation avec Cassandre qui m'a fait immensément de bien, j'ai finalement réussi à ressentir ce quelque chose se rapprochant de la plénitude que mes longues semaines de solitude avaient réussies à m'apporter. C'est donc le coeur très léger que j'ai pu me rendre à une rencontre aussi assez spéciale.
Il y a quelques années lumière de cela Andromède a participé à la bulle informatique en travaillant pour une compagnie qui se spécialisait en confection de sites web, K-OS. Était-ce uniquement à cause de mon jeune âge (j'avais 19 ans quand j'y suis entrée) ou parce que c'était mon premier boulot à temps plein, mais l'année que j'ai passé chez K-OS m'a semblée être une année un peu magique. Je pense que mes plus beaux souvenirs de job s'inscrivent là-bas. Les 5 à 7 du vendredi payer par la compagnie, la franche camaraderie, être une des rares filles dans un monde de gars, une job que j'aimais vraiment et que j'allais faire sans rechigner à tous les matins. Ne pas savoir de quoi chaque journée serait faite, le croissant amande choco du matin, la cigarette et le blabla de 10 heures, la Cucina le midi, une autre pause clope dans l'aprem et entre tout ça, répondre au téléphone bien sûr, mais aussi mille et une autre chose. Des choses que j'ai toutes faites là pour la première fois, de la correction, de la traduction, de la rédaction et que je continue à faire aujourd'hui avec plaisir. Bref, hier, grâce à Facebook, s'était organisé une réunion d'anciens k-ossiens. Nous n'étions pas nombreux, mais assez pour que je retrouve un peu de cette ambiance particulière. Mettre un pied dans son passé ramènerait donc sur terre ?
Et, là, finalement, vous. Andromède se sent rouillée, comme si elle avait oubliée les mots qu'il fallait pour vous parler. Comme si il fallait d'abord qu'elle se retrouve en elle-même avant d'être capable de partager.
Mais ce soir, sur mon balcon, malgré un rythme étriqué et des idées décousues, une étoile à filée et je m'y suis accrochée... m'avez-vous vu passer ?