jeudi 20 décembre 2007

Parce que Persée n'est pas Samson...

Andromède décide d'émerger un instant de sa fin de session pour partager quelque chose avec vous.

Hier, j'ai envoyé Persée chez le coiffeur. Je trouvais que ça faisait, pour le moment, les coupes maison ; je n'avais plus envie d'être responsable de la tête de mon mec après coup!

C'est donc chez les Garçons coiffeurs que je lui ai pris un rendez-vous. Vous auriez du le voir lorsqu'il est revenu, il était tellement beau, je pense que je me suis mise à ronronner en le voyant!

Je n'ai pas de photo à vous offrir, par contre en navigant dans un de mes multiples livres sur le symbolisme, je suis tombé sur une représentation du mythe d'Andromède et de Persée que je n'avais jamais vu.

Alors, Andro se permet d'être kétaine et offre à Persée cette nouvelle allégorie de ses exploits en l'honneur de sa nouvelle tête !



Edward Burne-Jones, Cycle de Persée: Le Funeste destin accompli, 1884-85.

samedi 15 décembre 2007

Angoisse, angoisse, angoisse...

AAAAAAAAARRRRRRGGGGGGHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!

C'est dit: Andromède est infiniment stressée !
Son premier article de type "intello" vient d'être publié dans Internet.

Je n'ose même pas aller le relire tellement j'ai peur !
Cette sensation n'est pourtant pas nouvelle...
Je me rappellerai toujours du lancement à Québec (en 2004?) du recueil de nouvelles "Quartier Saint-Roch". Ma première nouvelle et elle était publiée ! Tout c'était bien déroulé, jusqu'au lendemain matin, vers 5h, lorsque j'eus la mauvaise idée de faire de l'insomnie dans la chambre d'hôtel et de relire ma nouvelle. Mon dieu ! Si j'avais pu me cacher en dessous du tapis, je crois que je l'aurais fait ! Depuis, je n'ai jamais été capable de la relire... mais j'ai décidé, qu'en toute logique, il fallait faire confiance au comité éditorial, et qu'au pire, elle ne pouvait être que la moins bonne du recueil... bon, vous me direz qu'on a déjà fait plus positif comme attitude, mais devant une émotion irrationnelle à ce point, Andromède préfère s'incliner et attendre que ça passe.

Et nous voilà aujourd'hui... Je pensais qu'après des mois de pratique sur ce blogue j'arriverais à être plus sereine, mais de toute évidence, il n'en est rien ! Si elle était là, mon amie Cassandre me dirait que si ça me fait peur à ce point, c'est probablement parce que c'est le bon endroit où aller...

Alors, voilà, je vous mets un lien et vous invite à aller lire l'autre côté d'Andromède, celui dans lequel elle passe la majeure partie de sa vie.
Si ça vous intéresse, cliquez ici.

Encore une fois aujourd'hui: bonne lecture !

Ajouté

Pour votre plus grand bonheur, ô lecteurs, Andromède a ajouté un lien, à gauche, qui vous transfert à un message datant de juin, vous expliquant, grosso modo, qui sont les individus aux noms antiques qui peuplent le blogue d'Andro. Encore des questions? écrivez-moi. Vous voulez vous aussi être affublé d'un nom mythologique? il me fera plaisir d'en débattre sur commande !

Mis à jour

Les deux liens sous la rubrique "Planète intello".

Sous Élections américaines 2008, vous trouverez un lien menant à la page "Stephen Colbert for President 2008". Connaissez-vous Colbert ? (Prononcez à la française, sans le T, svp !) Il était chroniqueur au Daily Show de Jon Stewart avant d'obtenir sa propre émission "The Colbert Report". Personnellement, lorsque je naviguais dans mon guide Expressvu je ne choisissais jamais cette émission car je croyais qu'il s'agissait d'un show financier, car pour moi Colbert évoquait le surintendant des finances de Louis XIV, celui qui succéda à Fouquet. Bref, lecteurs du Vicomte de Bragelonne et d'Angélique, vous savez de qui je parle.

Bon, revenons à nos moutons. Stephen Colbert. Premièrement, il est important de spécifier que Colbert est un personnage. Probablement un démocrate qui s'amuse à jouer les républicains obtus. Je vous donne un exemple, au sujet du mariage gai, Colbert tient les propos suivants:

"If gay men get married, it threatens my marriage immediately because I only got married as a taunt towards gay men because they couldn’t. I don’t know why else I got married other than to rub it in gay people’s faces."

En gros, il nous explique qu'il est contre le mariage gai parce qu'il s'est lui-même marié uniquement pour narguer les gais qui ne le pouvaient pas et que, donc, son mariage sera immédiatement en danger si le même droit est donné aux gais... Vous voyez le genre d'humour, très pince sans rire... Enfin, personnellement, Andromède le trouve décapant et vous invite donc à aller consulter sa page web où il explique pourquoi il se présente aux élections, mais uniquement dans l'état de la Caroline du Sud. Je vous mets également ici l'intégrale (en trois vidéos) de son discours au "Correspondent's Dinner" de la Maison Blanche, en 2006, où il varlope ouvertement Bush dans sa face pendant trente minutes. On voudrait l'embrasser!




Finalement, sous le lien se nommant "J'ai lu dans le Time que" vous trouverez un article portant sur le retrait de Garry Kasparov de la présidentielle russe. C'est selon moi un des plus grands scandales de notre jeune siècle. Et pourtant personne ne fait rien. Vous ne verrez jamais aucun pays du G8 faire pression pour la restauration de la démocratie en Russie. Pourquoi ? Parce que la Russie est assise sur une immense réserve de gaz naturel et que ce ne serait pas bon pour les affaires... Parlez-en aux quelques pays européens qui se sont fait couper l'approvisionnement par Poutine ou dont les tarifs ont été doublés durant la dernière année...

Sur cette note pessimiste... bonne lecture ! :-)



dimanche 2 décembre 2007

Flânerie, souvenirs et musées

Aujourd'hui dimanche.
Petit instant de procrastination... qui est devenu long, long, long.

À la recherche d'une nouvelle photo pour Facebook, je me suis perdue dans les souvenirs de Paris.

Depuis le retour de Persée et d'Andromède de la ville illuminée, tout s'est bousculé, résultat: nos centaines de photos n'ont pas encore été regardées, classées, compilées ou fait partie de toute autre activité.

C'est donc au fil des jours, des randonnées et des visites de musées que j'ai laissé mon imagination flotter. À travers les bons clichés et les moins bons, les souvenirs sont remontés. Inévitablement, on regrette toujours de ne pas avoir davantage profité de chaque moment. Inévitablement, on donnerait n'importe quoi pour retrouver l'exacte saveur de l'instant.

Une photo prise dans un bar près de Saint-Germain-des-Prés m'a fait rêver. Laissez-moi vous raconter.

Bêtes de musées, Andromède et Persée devaient tenir sur leurs pieds toute la journée. Je n'entrerai pas dans les détails, mais disons que nous ne sommes pas des modèles de santé. Cependant, en vrais amateurs d'art ce n'est certainement pas un mal de jambe, de dos ou de pieds qui allait nous arrêter. Nous avions donc développé une astuce nous permettant de ne pas nous effondrer après le diner. Pour trouver le courage de recommencer à arpenter les longues allées des musées, nous avions pris l'habitude de boire quand venait le temps de manger. Que ce soit une bière, un verre de vin, peu importe. L'important était de pouvoir se lever et continuer à visiter. Si je me rappelle bien, nous avions appliqué le truc au Louvre, à Orsay et à Beaubourg.

Pour les deux premiers nous mangions dans la cafétéria de l'endroit, ce qui fait que le choix était assez limité et les prix... enflammés ! Cependant, quand est venu le temps de visiter Beaubourg (le musée d'art moderne Georges Pompidou) nous étions sorti manger dans l'une des gargottes des allentours. Je me souviens très bien du resto où nous nous sommes posés, c'était très sympa et, de mon côté, absolument succulent. Pour accompagner le tout, je me rappelle que nous avions commandé un demi de blanc. De retour au musée après le diner, nous avions déjà terminé les sections incontournables et étions rendu à l'art contemporain où tous les artistes semblent se concurrencer à force de conceptualité ! Bref, plus qu'aux oeuvres en elles mêmes, que je ne saurais pas nommer, nous nous étions surtout intéressés à faire des photos dans le genre "On s'amuse au musée".

Je vous en mets ici quelques unes afin d'illustrer mon idée. Vous devinerez qu'avec Andromède sur tous les clichés, c'est donc toujours Persée qui en est le grand créateur et c'est donc lui qui a droit aux honneurs !





vendredi 30 novembre 2007

Belle pour personne

On dirait le titre d'une chanson triste...
On dirait une Andromède mélancolique, au sixième étage de son bureau de verre.
Petite tristesse passagère sur fond de neige d'hiver.

Les flocons, énormes, qui tombent lentement... c'est à donner envie de réciter du Nelligan !

Posés devant moi, les textes que je lis n'ont plus de sens. Les lettres dansent. Les mots tournent en rond. Les phrases perdent leur signification. L'auteur, anglo-saxon, me parle dans une langue sans traduction...

Mon reflet, à la fenêtre, qui soupire. Y'a pas de quoi mourir, y'a pas de quoi rire. L'image esquisse quand même un sourire.

Elle est jolie, oui, mais pour qui ?

Ce n'est qu'un autre vendredi...
Moment fertile pour la mélancolie...
Quand elle rêve de fantaisie...

La grande Épopée

Cela fait aujourd’hui 4 ans que Persée a libéré Andromède de son rocher.

Quatre années… d’amour, de bonheur, de découvertes, de complicité et d’aventures rocambolesques !

Quatre années qui ont vu Montréal, Farhnam, Québec, New York et Paris…

Quatre années où nous sommes devenus grands, ensemble.

Quatre années pour guérir des vieilles blessures à coup d’amour et de douceur.

Quatre années de brassage d’idées, de discussions, d’opinions tranchées, de questionnements, de lecture et d’écriture.

Mais, surtout, surtout, quatre années de partage, de confiance et de respect.

Tu te rappelles Persée, cette conversation sur le balcon il y a un peu plus d’un an ?

Tu te rappelles cette grande épopée que nous avons décidé de vivre ensemble ?

Une épopée qui nous ressemble, une épopée qui ne fait encore que commencer.

Bonne suite d’épopée mon Persée !

mercredi 21 novembre 2007

Il y a des silences nécessaires...

Vous savez, c'est comme dans un film où l'une des fusées Apollo est dans l'espace. À chaque retour de mission, on voit une scène où tous les ingénieurs de la NASA sont silencieux, en attente de la voix d'un astronaute qui confirmera que lui et ses compagnons n'ont pas cramés lorsque leur capsule a retraversée l'atmosphère.

Eh bien, aujourd'hui Andromède vous confirme qu'elle n'a pas cramée! Elle est bien vivante, en un morceau et même plutôt heureuse. Je ne flotte pas quelque part dans l'océan. Je suis même assez bien ancrée dans mon continent. Alors qu'est-ce qui a bien pu créer ce silence radio si longuet ? J'aurais tendance à blâmer le passage des ans. Et aussi une réorientation intérieure.

Il n'est pas facile d'écrire lorsqu'on ne sait plus à qui s'adressent nos mots. Et comme ce genre de questions s'inscrit parmi les très philosophiques: "Qui suis-je?", "Sommes-nous seuls dans l'univers?" et "Qui remplacera Bush en 2008?", la réponse n'est pas automatique, évidente ou même seulement à choix multiples. Pour dire vrai, je n'ai pas encore trouvé ma réponse.

Mais Andromède n'a pas cramée. Et, ça, c'est le plus important.

Par contre, elle a eu 28 ans.

Est-il possible d'avoir un âge et de se sentir comme si on le portait doublement? J'ai 28 ans, mais parfois je me sens comme si j'en avais le double. Mais aussi, souvent, le quart. Être si vieille et si jeune en même temps, côtoyer les espoirs et les désillusions, nager dans les peurs nouvelles et dans les éternelles. En connaître assez pour savoir qu'on ne connaît rien... De toute évidence, et sans faire de mauvaise comparaison, Socrate a déjà eu 28 ans lui aussi!

Alors...

Le silence. Reposant, comme à la fin d'une toune de heavy metal. Plein, comme à la fin d'un poème de Verlaine. Épeurant, comme pour un ingénieur de la Nasa. Mais, surtout, riche, comme quand on tient la main de quelqu'un qu'on aime.

Andromède ne sait plus pour qui elle écrit. Par contre, elle sait que vous avez probablement tous des mains. Des mains à prendre pour aller plus loin. Des mains à tenir pour que les mots, dans le silence, même s'ils ne racontent rien, existent.

lundi 29 octobre 2007

Citation du jour

"Marijuana is not a drug, it's a leaf"

Arnold Schwarzenegger,
gouverneur de la Californie.

jeudi 11 octobre 2007

Joyeuse matinée

Couchée trop tard, levée en retard, tous mes vêtements étaient sales. C'est un matin de petite culotte à l'envers, et pourtant. Andromède est de bonne humeur. Un rayon cosmique l'a atteinte, probablement. Successions de petits miracles dans son matin gris.

C'est niaiseux, mais quelqu'un que je pensais morte est toujours vivante. Ça l'aide à fournir la joie de vivre. Madame Simone Veil est à Montréal en ce moment. Moi qui la croyais six pieds sous terre. Désolée madame Veil. Ce qui me rappelle la session de baptême de la chatte de Cassandre... Et nous l'appelâmes Simone ! Pour Beauvoir et Veil. Une féline féministe, l'idée était plaisante.

Puis, je pense à Cassandre. Perséide s'il en est une. Cette étoile illumine, file, disparaît, mais revient tout le temps. Est-ce moi qui ai cessé de regarder ou elle qui a été briller ailleurs ? Probablement un peu des deux. Cassandre m'apprend le temps. Elle, la pressée, m'apprend à l'attendre. Elle serait probablement en désaccord avec moi. Elle doit penser que c'est Andromède qui a été nourrir ses trous noirs ailleurs. Nous pensons constamment différemment, mais nous arrivons généralement aux mêmes conclusions. Andromède et Cassandre sont deux chemins qui se croisent souvent, font corps parfois, se divisent tout le temps, mais mènent au même océan.

Et puis, il y a cette pensée sur les ressources infinies du coeur. Cet organe, siège de tous les maux. De tous les mots aussi. Comment leur donner une forme à ces maux/mots du coeur ? Quand les maux deviennent mots peut-on dire que la survie de l'organe est assurée ? Je pense que mon coeur est façonné de résilience, d'impertinence et de remembrance.

Et le vôtre ?

jeudi 27 septembre 2007

Glissades d'eau

Suite au commentaire d'Ulysse qui voulait en savoir plus sur les menaces plannant sur nos glissades d'eau québécoises, Andromède a décidé de se faire porte-parole de ses chutes du bonheur.

Andromède ADORE les glissades d'eau ! Les glissades d'eau et les montagnes russes aussi d'ailleurs !

Personnellement, Andromède essaie de profiter de tous les petits bonheurs de la vie: la couleur de la tour du centre Eaton sous la pluie, les deux guitaristes motivés de Berri-UQÀM, ce genre de choses. Mais les glissades d'eau et les manèges restent ses petits bonheurs préférés. Andro adore sentir son coeur se serrer dans une descente rapide, avoir l'impression de prendre de la vitesse dans une pente apique et faire un gros splash en arrivant ! C'est l'activité (extérieure, il va sans dire...) qu'elle pratique qui lui procure le plus de sensations fortes.... Andro est peut-être une praticienne des sports extrèmes qui s'ignore, allez savoir !

Alors, cher Ulysse, pour en revenir sur LA menace plombant sur mes glissades d'eau chéries, je n'ai que deux mots pour toi: L'HIVER ! Dû à son été parisien, Andro n'a pas pu les fréquenter cette année et en est très attristée. Je rêvais donc la nuit dernière de centraliser l'ensemble des glissades d'eau québécoises sous un immenses dôme de verre sur l'île Ste-Hélène.

Habituellement, c'est le genre de rêve que je faisais quand j'avais 10 ans... mais il faut croire que la nuit de mardi m'a ramenée quelques années en arrière et je me voyais sautant jusqu'en haut des glissades (avec mon superspring caché dans mes talons) et les dévaler à toutes vitesses en poussant des cris de joie vêtue de mon nouveau bikini aérodynamique.

Que voulez-vous, on a les rêves qu'on peut ! Et, sincèrement, celui-là était tout simplement satisfaisant !

Quelqu'un veut tenter une analyse ? :-)

mercredi 26 septembre 2007

Andromède pompée

Ok, vous vous souvenez comment hier Andromède n'arrivait qu'à vous prouver son ambivalence inhérente ? Et bien, en se réveillant ce matin, elle a finalement trouvé un sujet qui déclenche en elle des réactions vives, pour ne pas dire violentes : l'idiotie et la mauvaise foi.

Alors que dans mon rêve j'essayais de sauver les glissades d'eau du Québec (!), j'ai senti quatre petites pattes trottiner délicatement sur moi. Miss Coco faisait son exercice matinal. À l'idée de la petite boule de douceur qui se collait contre moi, j'ai décidé que ça pouvait être un bon moment pour m'éveiller. Ouvre un œil, ouvre deux yeux, ma main trouve la petite boule de ouate qui s'est blottie contre mon ventre, puis mes oreilles commencent à porter attention aux sons ambiants. Tient, la radio se met en marche. C'est Christiane Charrette, il est donc passé 9h. Affairée à donner à la mademoiselle poilue sa dose d'affection pour la journée, ça me prend un certain temps pour comprendre de quoi il s'agit.

Et c'est là que j'entends un homme parlé. Certain le décrirait comme étant bon vivant et coloré, selon moi c'est un con de première armé de toute la mauvaise foi du monde. En général les cons ne me dérangent pas trop. Mais ceux qui s'arment de mauvaise foi me donnent envie de rugir et de donner des coups de poing dans mon oreiller. Qui est cet heureux élu? Un élu justement… le maire de Saguenay, Jean Tremblay. Vous savez cet huluberlu qui veut ramener la prière dans son conseil municipal… Le maire affirme qu'il ne devrait pas avoir à se cacher pour faire sa prière si tous les membres de son Conseil sont d'accord. Qu'ensemble, les vingt conseillers et lui devraient pouvoir dire une prière avant de commencer l'Assemblée étant donné qu'aucun d'entre eux ne s'y oppose. Et c'est là qu'il se mérite son titre de Con du jour, car il continue : Que si ça continue comme ça, les athées de la société, qui sont les seuls à s'opposer à son idée, vont finir par vouloir enlever la croix sur le Mont-Royal et modifier tous les noms de rues et de villages qui commence par Saint.

Je vous jure, j'ai entendu ça de mes oreilles même, il y a quelques minutes ! Criss, on n'est pas au temps de la Révolution française st-ciboire !!!!!!!!!!! On ne brûle pas les moines et les nonnes, on ne transforme pas les églises en écurie et surtout on ne renomme pas les noms à caractères religieux. Y'é donc ben innocent lui ! Monsieur Jean Tremblay se demande pourquoi il devrait se cacher pour prier, pourquoi "une clique" réclame qu'on enlève le crucifix à l'assemblée nationale ! M'a t'expliquer ça moi Ti-Cass : la séparation de l'Église et de l'État, ça veut dire que si tu pries, tu le fais chez-vous ou dans une église ou dans la nature perdu dans un champs. Pourquoi tu ne peux pas prier dans ton hôtel de ville ? Parce que dans ton hôtel de ville, tu représentes l'ensemble des citoyens de la ville de Saguenay, même ceux qui ont pas voté pour toi, pauvres eux! Pourquoi on devrait enlever le crucifix de l'assemblée nationale? Parce que là où siègent les représentants du peuple du Québec, il ne devrait pas y avoir de signe faisant en sorte que des citoyens se sentent exclus. Et si la valeur historique de ce crucifix est réelle, ben mettez-le dans un musée ! Moi, j'aime à penser que quand les gens qui me représentent prennent une décision pour l'État, ils le font sans avoir au dessus de leur tête un symbole religieux. La religion et la foi c'est une affaire privée qui devrait restée privée. Nos institutions ne devraient pas en être les porte-étendards. Ou sinon, à l'assemblée nationale, qu'à côté de leur crucifix, ils exposent un symbole pour CHACUNE des religions vécue par les Québécois. Pas juste les grandes religions, TOUTES ! Je vois ça d'ici ! Le beau bazar ! Est-ce que ça fait plus de sens ??? Bon non, c'est complètement ridicule ! Voulez-vous ben m'enlever le crucifix de là et, gens de Saguenay, élisez un nouveau maire aux prochaines élections. SVP. SVP. SVP.

mardi 25 septembre 2007

Ambivalence et nostalgie

À la recherche de quelque chose à vous écrire, Andromède s’est mise à énumérer pour elle-même les sujets d’actualité qui pourraient susciter de sa part une opinion franche et tranchée. Vous savez, quelque chose qu’elle pourrait partager avec vous en s’indignant légèrement et en rigolant un peu…

Cependant, il appert que rien ne provoque ces temps-ci ce genre d’opinion chez Andromède. Interviewée dernièrement sur la rue Saint-Denis par une journaliste de la radio de Radio-Canada, elle a d’ailleurs livrée en 10 longues minutes la preuve vivante de son ambivalence ambiante :

- Est-ce que je trouve qu’il faut sauvegarder la forêt boréale ? Probablement. J’en sais rien. Richard Desjardins le dit. Guy Chevrette est contre. Quand on me présentera des faits ne provenant pas de gens à l’opinion biaisée je reconsidèrerai la question. Pour l’instant je n’ai pas assez d’informations pour avoir une opinion.

- Est-ce que j’approuve les stratégies de Greenpeace ? L’activisme extrémiste ne me touche pas et je n’ai pas à approuver ou non, ils savent ce qu’ils font lorsqu'ils rameutent faussement la presse mondiale autour des bébés phoques. Ils manquent donc parfois de discernement.

- Est-ce que je pense que les gens approuvent les stratégies de Greenpeace ? Je n’en sais rien. Probablement pas quand le sort économique de leur région dépend d’un projet dénoncé par le groupe écologiste.

- À mon avis, pourquoi Greenpeace agit-il toujours au moyen de coups d’éclat ? Sans doute pour attirer l’attention des médias et des gens sensibles à ce type de stratégies.

-Donc, est-ce que je trouve que Greenpeace utilise de bonnes stratégies ? Leurs stratégies ne me touchent pas, mais ils ont dû faire une étude marketing pour savoir quels étaient les moyens les plus efficaces pour faire parler d’eux. Ils sont meilleurs juges que moi là dessus.

Sourire de la journaliste. Elle ne m’a pas demandé mon nom. Je ne pense pas être incluse dans son reportage.

Ben oui, il faut être naïf pour penser que Greenpeace n’engage pas de finissants en communication-marketing. L’intelligence des étudiants en communication-marketing fut d’ailleurs démontrée ce week-end lors de la première d’Occupation Double, dimanche, alors qu’une de ses étudiantes fut choisie comme participante.

Quoi ? Vous trouvez mes barèmes d’évaluation non pertinents ?

D’accord, j’admets que mes commentaires sur les étudiants de communication-marketing sont complètement gratuits. Ça l’air que mon bureau de l’UQÀM me rend élitiste. Une élitiste à l’université du Peuple! Vite, sauvez-moi, car l’asso étudiante va venir me kidnapper pour me bruler en effigie lors de leur prochaine réunion portant sur un vote de grève !

Tiens, un autre sujet où je pourrais avoir une opinion tranchée. Une grève étudiante. Pourtant, encore une fois, je n’ai pas d’opinion toute faite. Étant à la maîtrise, la grève ne me touchera pas. Je vais continuer à travailler toute seule dans mon coin, je vais continuer mon contrat de recherche… et rien. Tiens, j’irai peut-être à une manif si le slogan est bon. Ok, je me force… mon opinion? L’université devrait être gratuite au bacc et, aux études supérieures, on devrait nous payer pour compléter une maîtrise et un doctorat ! Les chances que ça l’arrive ? À peu près proportionnelles à celles de l’indépendance du Québec ! Alors…

Ok, donc ça c’était pour illustrer la partie « ambivalence » du message. Maintenant, la partie « nostalgie ».

Ce midi, j’ai eu l’idée saugrenue de vouloir manger.

Oui, vous savez, cette activité que l’on répète ad nauseam au cours de notre vie… Car ce qui est moche avec la faim, c’est qu’elle revient tout le temps ! Comme le soleil qui se lève… où les grèves étudiantes à l’UQÀM, tiens!

Donc, il est midi et je veux manger. Ma première idée : La Ferme. Le hic, c’est que ce resto est à Paris. C’est alors que s’abattit sur moi une vague de mélancolie. Je m’imaginai au coin de St-Honoré et St-Roch plutôt que Ste-Cath et St-Denis… (C’est Saints, ils sont omniprésents quand même!). Bref, je me suis vue sortie de l’Opéra, marchant sur le grand boulevard haussmanien jusqu’à La Ferme, me commander un Café au lait et un Pasteis et me prendre un sandwich fucké, pour plus tard, quand j’aurais faim dans l’après-midi. Alors, j’ai pensé au nouveau resto self-service du même genre qui a ouvert face à l’UQAM sur St-Denis. Mais, tout m’y a semblé plate. Même pas de sandwich au fromage de chèvre et confitures d’oignons. Alors je suis sortie l’air dépité pour me diriger vers le Kilo qui vient d’ouvrir à côté. J’ai commandé une salade Popeye : épinards, mandarines, luzernes, champignons, amandes et tranche de pain pumpernickel. C’était excellent. Mais ce n’était pas la Ferme et la fille à la caisse avait les cheveux rouges et noirs, plein de percing et pas d’accent français. Ok, c’est chouette. À Paris, arrangée comme ça, elle n’aurait jamais pu travailler. Ici, elle passe inaperçue… elle n’avait même pas de tatouages sur le visage, tsé veut dire !

Morale de cette journée ? L’ambivalence et la nostalgie ne font jamais bon ménage et mènent souvent au cynisme, jusqu’à temps de se faire servir par une jeune fille au eye-liner omniprésent...


samedi 15 septembre 2007

Rien à faire

Persée sifflote dans la maison alors que je viens de lui demander « on n’a pas du Gershwin? »
Miss Coco dort, le nez confortablement installé contre Pix.
Le four pré-chauffe et la tarte aux pommes prend la température de la pièce.
Et moi j’écris.

N’ayant pas de Gershwin, Persée me met du Debussy…
Lui et moi on ne connaît pas le même Debussy…
Le sien fait faire du Jazz aux instruments à vent,
Le mien faisait rêver l’âme romantique de mes quatorze ans…

Pas de devoirs immédiats, pas de job à préparer, pas de ménage express à faire, aucun livre en lecture, aucune série télé à regarder, personne à voir, wow…

Ça n’arrive pas assez souvent…

Que des trucs cool à envisager,
Rien faire quelques heures de plus.

Dès fois, le bonheur ça goûte pas épicé.

Bonne journée

mardi 11 septembre 2007

Entre deux résumés analytiques...

Si vous avez parlé à Andromède dernièrement, vous savez que son activité principale en ce moment consciste à résumer et à analyser... C'est le désavantages d'être une procrastinatrice perfectionniste !

J'ai essayé de travailler à la bibliothèque des Arts la semaine dernière, au début ça marchait bien, mais, vraiment, une visite à l'UQÀM implique beaucoup trop de contacts humains, et ceux-ci me permettent beaucoup trop facilement de détourner mon attention de ma quête finale!

Ainsi, j'ai dû y renoncer pour l'instant... Alors je suis sagement à la maison, et vous, chers amis, êtes représentés dans mon imaginaire enflammé tels autant d'Ève tentatrices essayant de me faire goûter la pomme que représentent les plaisirs de la société !

Je vous préviens, bientôt, Andromède n'en pourra plus! À force de lire, d'écrire et de rêver de la Femme fatale, je prévois bientôt une sérieuse indigestion d'esthétique décadente et de thèmes symbolistes! (Pour ceux d'entre vous qui font : "Hein quoi ?!" sachez que cette dernière figure de style implique la connaissance de mon sujet de maîtrise...)

Donc, en attendant de retrouver ma liberté, je suis dans mon appart en compagnie des mes deux filles qui se battent pour mon affection. Non, non, je n'ai pas secrètement accouchée de jumelles durant mon séjour à Paris, il s'agit ici de faire feu de tout bois... bref, je parle ici de mes deux chattes! Si vous suivez les aventures de Persée sur son blogue vous savez certainement que la famille Pondorrioulx s'est élargie dans les deux dernières semaines avec l'arrivée sous notre toit de Mademoiselle Coco, la plus jolie chose que la terre ait portée !

Je pressens déjà votre prochaine question... Pondorrioulx ??? Et oui ! Il s'agit bien d'un anagramme littéraire réunissant les titres familliaux d'Andromède et de Persée, composé dans un moment de délire. Zola s'en est bien sorti avec les Rougon-Maquart, je ne vois pas pourquoi on devrait se priver avec les Pondorrioulx !

Bref, pour en revenir à Pixelle et Mademoiselle Coco, tout ne fut pas rose, loin s'en faut, au départ. Cependant, au cours des derniers jours, des liens se sont tissés et elles s'entendent aujourd'hui comme larrons en foire! Moment sublime, alors que je revenais d'une errance bien méritée au rayon des cosmétiques de ma pharmacie préférée, j'ai eu le bonheur de découvrir mes deux puces côte-à-côte sur la table, la grande laissant même le bonheur à la petite de lui faire quelques "patte-patte" enfantins dans le pelage... Vous savez ce geste adorable des pattes que conservent les chats de l'époque où ils têtaient leur mère ? Parce qu'elle s'est laissée faire, je pense que ma Pix commence à apprécier son rôle de grande soeur...

C'est ainsi qu'Andromède décide de vous offrir le moment cute de votre journée, admirez, admirez, car ce sont pour l'instant nos seules héritières spirituelles !


vendredi 7 septembre 2007

Prisonniers

Ça vous est peut-être déjà arrivé… oui, ça vous est sûrement déjà arrivé… ce moment de votre vie où vous seriez prêt à vous couper un bras pour pouvoir disparaître dans une solitude immense et tranquille, loin de vos repères trop connus, hier amarres, aujourd’hui geôliers.

Andromède qui se sent prisonnière chez-elle. Et les yeux de Persée… vous devriez voir les yeux de Persée… Il me semble que lorsque je m’y mire je peux voir la supplication secrète : On câlisse-tu toute ça là ? S’il te plaît, dis oui et amène-moi vivre au bout de la Gaspésie où il n’y aura que nous, nos respires et nos écrits.

Persée est enfermé, Persée tourne en rond. Persée pour briser les fers de sa vie qui lit Désobéir de Thoreau et autres textes fondateurs de l’anarchie. Mon Persée qui doit se dire qu’en libérant son esprit, il se sentira peut-être un peu moins à l’étroit dans sa vie de 8 à 5.

Et moi Andromède qui le regarde se démener et l’admire. Parce qu’Andro a déjà été là… quand mes actes de résistances consistait à porter mon chandail du Che pour aller enseigner chez RBC. Là où Andro était désespérée, Persée lutte encore et décide de plonger dans la littérature de résistance. C’est beau de voir son amoureux pourfendre les méduses pour se libérer lui-même.

Alors Andromède étudie, travaille et écrit, pour un jour en venir à bout. Pour un jour pouvoir dire à son amoureux : vas-y, disparaît, je tiens le fort, t’inquiète de rien, ma job va faire le reste !

Persée tient le fort depuis un bon moment déjà pour permettre à Andro d’étudier et de peu travailler. Ces temps-ci Andro le sent s’écoeurer, alors tout ce qu’elle peut faire c’est étudier, étudier, étudier. Parce que son petit doigt lui dit que c’est par là que se cache sa vraie liberté.

Alors, vous m’excuserez, occupée de survie je n’ai que très peu blogué.

Mais ça viendra, mon rythme reviendra…

vendredi 24 août 2007

Vendredi soir sur mon balcon

Revenir est une chose, attérir en est une autre.

Ce soir, là maintenant, immédiatement, je peux dire que j'ai attéri.

Il faisait chaud chez-nous, collant, et ma Pixelle n'arrêtait pas de miauler son mal de vivre. J'ai donc pris le taureau par les cornes et j'ai décidé d'arrêter de faire assemblant de travailler à un de mes résumés, je me suis déloguée de Facebook, j'ai fermé Perez Hilton, j'ai abandonné la partie de soccer dans ma télé et j'ai été m'acheter de la bière ! Ce qui fait que maintenant tout le monde est heureux. Ma Pix est sur son balcon où elle peut écornifler tous les autres quadrupèdes à proximité et moi je frissonne pour la première fois de la journée en buvant ma bière et en vous écrivant de sur ma galerie.

Alors... revenir.

J'ai été déboussolée longtemps, j'ai encore une oreille de bouchée, je me demande souvent ce que je fais là. La reclimatation tient à des petits riens. Je ne suis plus perdue le matin parce que la voix d'Homier-Roy me situe rapidement. En passant, est-ce juste moi qui trouve qu'il a pris un accent québécois lui ? Anyway... en ce moment je trouve que même Daniel Pinard a un accent québécois! Je ne dois pas être une très bonne référence... j'ai même cru remarquer quelques fautes de syntaxe dans mon Devoir de ce matin... bref, passons.

Les gens. Oui, c'est avant tout les gens qui ont fait une différence. Devant mon mutisme depuis mon retour Séléné c'est énervée et m'a rappelée son existence dans un sympatique courriel. Je pense que je n'avais pas fini de le lire que je composais déjà son numéro. Ça m'a fait un bien fou de lui parler, de renouer un contact de proximité... alors, après avoir raccroché, j'ai téléphoné à mon autre alter-ego, Cassandre, et on en a profité pour aller prendre un café, puis marcher un peu sur la montagne. C'est une magnifique façon de renouer avec sa ville que de la saluer à sa hauteur. Du belvédère, je voyais le fleuve qui s'étirait comme un long ruban bleu à l'horizon et, entre deux gratte-ciel, une montagne qui se profilait contre un ciel pâle. Je suis nulle en montagnes québécoises, je ne sais pas c'était laquelle, mais comme ça, dans le sfumato du paysage, je peux vous dire qu'elle ressemblait au mont Fudji tel que représenté par Hokosuaï dans ses célèbres gravures.

Après une conversation avec Cassandre qui m'a fait immensément de bien, j'ai finalement réussi à ressentir ce quelque chose se rapprochant de la plénitude que mes longues semaines de solitude avaient réussies à m'apporter. C'est donc le coeur très léger que j'ai pu me rendre à une rencontre aussi assez spéciale.

Il y a quelques années lumière de cela Andromède a participé à la bulle informatique en travaillant pour une compagnie qui se spécialisait en confection de sites web, K-OS. Était-ce uniquement à cause de mon jeune âge (j'avais 19 ans quand j'y suis entrée) ou parce que c'était mon premier boulot à temps plein, mais l'année que j'ai passé chez K-OS m'a semblée être une année un peu magique. Je pense que mes plus beaux souvenirs de job s'inscrivent là-bas. Les 5 à 7 du vendredi payer par la compagnie, la franche camaraderie, être une des rares filles dans un monde de gars, une job que j'aimais vraiment et que j'allais faire sans rechigner à tous les matins. Ne pas savoir de quoi chaque journée serait faite, le croissant amande choco du matin, la cigarette et le blabla de 10 heures, la Cucina le midi, une autre pause clope dans l'aprem et entre tout ça, répondre au téléphone bien sûr, mais aussi mille et une autre chose. Des choses que j'ai toutes faites là pour la première fois, de la correction, de la traduction, de la rédaction et que je continue à faire aujourd'hui avec plaisir. Bref, hier, grâce à Facebook, s'était organisé une réunion d'anciens k-ossiens. Nous n'étions pas nombreux, mais assez pour que je retrouve un peu de cette ambiance particulière. Mettre un pied dans son passé ramènerait donc sur terre ?

Et, là, finalement, vous. Andromède se sent rouillée, comme si elle avait oubliée les mots qu'il fallait pour vous parler. Comme si il fallait d'abord qu'elle se retrouve en elle-même avant d'être capable de partager.

Mais ce soir, sur mon balcon, malgré un rythme étriqué et des idées décousues, une étoile à filée et je m'y suis accrochée... m'avez-vous vu passer ?

mardi 21 août 2007

Le retour...

De retour à Montréal, Andromède regarde en arrière et ne sait pas encore quoi vous dire...
Elle a envie d'emprunter une de ses fleurs du mal à Baudelaire et de vous l'offrir.
C'est un magnifique et long poème dans lequel vous vous reconnaîtrez peut-être parfois.
Prenez le temps. Assoyez-vous confortablement, respirez lentement et laissez-vous bercer comme moi par le flot des vers...


Le Voyage

Charles Baudelaire

À Maxime Du Camp

I

Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,
L’univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent
D’espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; cœurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom !

II

Nous imitons, horreur ! la toupie et la boule
Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule,
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n’étant nulle part, peut être n’importe où !
Où l’Homme, dont jamais l’espérance n’est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou !

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
Une voix retentit sur le pont : « Ouvre l’œil ! »
Une voix de la hune, ardente et folle, crie :
« Amour... gloire... bonheur ! » Enfer ! c’est un écueil !

Chaque îlot signalé par l’homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin ;
L’Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.

Ô le pauvre amoureux des pays chimériques !
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d’Amériques
Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis ;
Son œil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.

III

Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d’astres et d’éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.

Dites, qu’avez-vous vu ?

IV

« Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d’imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

Les plus riches cités, les plus beaux paysages,
Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages.
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

- La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès ? - Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

Nous avons salué des idoles à trompe ;
Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse. »

V

Et puis, et puis encore ?

VI

« Ô cerveaux enfantins !

Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché :

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût ;
L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout ;

Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
La fête qu’assaisonne et parfume le sang ;
Le poison du pouvoir énervant le despote,
Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;

Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

L’Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
« Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! »

Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l’opium immense !
- Tel est du globe entier l’éternel bulletin. »

VII

Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit
Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit,

Comme le Juif errant et comme les apôtres,
À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme : il en est d’autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.

Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu’autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le cœur joyeux d’un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : « Par ici ! vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé ! c’est ici qu’on vendange
Les fruits miraculeux dont votre cœur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n’a jamais de fin ! »

À l’accent familier nous devinons le spectre ;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
« Pour rafraîchir ton cœur nage vers ton Électre ! »
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.

VIII

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l’ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau !

jeudi 16 août 2007

Andromède et les touristes

Comme vous avez pu le remarquer dans les derniers jours (dernières semaines), Andromède a pris des vacances communicationnelles. Ce soir, pour la première fois depuis longtemps, elle a pourtant envie d'écrire. Mais, tellement de choses ont occupées ces derniers jours, par quoi commencer ?

Je crois donc qu'une rubrique en vrac s'impose...

Paris au mois d'août
Je croyais que c'était un mythe, mais au mois d'août, il ne reste vraiment que très peu d'autochtones dans Paris. Soit ils se terrent et évitent de sortir pour ne pas marcher sur un touriste, soit ils sont vraiment tous parti vers un ailleurs meilleur assorti d'une plage, d'une mer et d'un manteau de fourrure pour lutter contre la température abominable annoncée dans ma télé.

Maintenant, les touristes. Ils sont partout, partout, partout. Ils ont même envahi Vincennes ! Comment les reconnaître ? Ils ne parlent pas au cellulaire, se tiennent en groupe minimal de trois et débarquent à la station Louvre-Rivoli.

Activité amusante
Évaluons les touristes de manière complètement arbitraire par nationalités interposées. Pourquoi Andromède choisit-elle cet élément identitaire comme base comparative? Parce qu'on n'est jamais autant représentatif de sa Kultur qu'en meute et hors de chez-soi! Je vous donne un exemple? Ok, si vous y tenez... En voyage avec un groupe de 40 Québécois Uqamiens à Berlin à l'été 2003, Andromède, qui peut normalement être perçue comme une jeune fille aux moeurs raffinées et à l'esprit inspiré, s'est retrouvée autour d'une table avec 15 compagnons de voyage à gueuler "Y'a-tu de la biére icitte? Si y'a pas de biére icitte, moé j'sacre mon camp d'icitte !!!" à tutête en frappant allégrement la dite table des deux mains avec tant d'énergie que nous n'avons pu 'inspirer que le respect aux Allemands présents.

Bon, bref. Devant un tel argument inclinez-vous, ma démonstration est faite. Maintenant jouons à mon jeu!

Voici donc mon top 5 :
5-La dernière des positions est remise sans aucune hésitation aux Japonais. Pas qu'ils aient des moeurs particulièrement dégénérées, non c'est plutôt leur nombre qui joue contre eux. Ils sont tellement nombreux qu'on pourrait les qualifier d'innombrables ! Ils se déplacent toujours en meute et photographient tous les même choses. Vous cherchez votre ami nippon longuement égaré? Allez voir au Louvre devant la Joconde de Vinci ou la Liberté guidant le peuple de Delacroix et vos chances de retrouvailles en seront grandement améliorées!
4-L'avant-dernière position voit apparaître les Européens, ou le RDLE (note du traducteur: reste de l'europe). Bon, disons qu'ils se sentent partout chez-eux, qu'ils sont extrèmement bruyant, que leurs enfants sont mal-élevés et que les parents ont des moeurs bizarres: genre se planter devant une toile à un pied de distance pour être certain d'apparaître dans toutes les photos de leurs congénères et les miennes aussi.
3-Les Américains se méritent la place médiane à cause de l'air d'ébahissement pouvant constamment se lire sur leur visage. Andromède apprécie donc qu'ils affichent cet air de modestie et de surprise continuelle. Un peu plus et ceux que j'ai vu portaient un écusson : " I'm an american but, please, don't hit me !"
2-Les Québécois sont en deuxième place parce qu'ils parlent français et sont donc très aimé des travailleurs de boutique à souvenirs. Par contre ils ne sont pas premiers parce que, des fois, ils ont un criss d'accent tellement pas subtil que l'oreille me cille!
1-Les Français sont bons premiers parce que si ce n'était de leur air "Perdu dans la grande Capitale", on ne pourrait même pas les identifier, donc bref, ils se fondent à leur propre masse!

Bon, c'est tout pour ce soir ! Persée proteste et je suis suis mieux d'abdiquer si je ne veux pas qu'il me réenchaîne à mon rocher ! :-)

mardi 7 août 2007

Référénces galactiques

Chers Andromédiens bonjour !

Je sais, depuis quelques temps Andromède vous néglige. Vous devinerez probablement que l'arrivée de Persée y est pour beaucoup. Cependant, Andro ne pense pas moins à vous !

Afin de vous permettre de continuer à la suivre pendant qu'elle s'épuise les pieds sur les pavés de Paris et le cerveau à l'écriture de son roman, Andro a pensé vous référer au blogue de Persée qui est beaucoup plus constant qu'elle même et qui raconte très bien de sa manière rigolotte nos péripéties parisiennes.

Alors, pour les aventures des derniers jours cliquez ici.
Vous avez également les prémisses du voyage dans ses liens à gauche et plusieurs photos , et .

Pour regarder et entendre une petite vidéo filmée par votre couple mythologique adoré et réalisé exclusivement par notre pourfendeur de Méduse préféré voir ci-bas:



(Pour les membres de ma famille de plus de 50 ans: vous cliquez sur la grosse flèche au centre du carré ci-dessus en prenant soin d'ouvrir vos haut-parleurs préalablement! xxx)

vendredi 3 août 2007

Andromède à la bibliothèque

Lundi dernier, le 31, Andromède s’est rendue pour la dernière fois à la biblio des arts déco afin de prendre des photos numériques de certains ouvrages importants pour sa recherche.

Lors des dernières semaines j’ai eu l’occasion de lire toute sorte de chose. Des articles très critiques, d’autres enflammés d’admiration pour mon artiste. Mais ce que j’ai trouvé le plus saisissant, à travers toute cette expérience, c’est le sentiment nouveau que j’ai découvert lorsqu’au hasard de mes lectures je tombais sur des informations fondamentales pour ma recherche ou un détail anodin qui confirmait cependant mes théories.

Cette montée d’endorphine qui fait planer et rappelle l’émotion du premier baiser. Ce picotement dans mon nez qui annonce l’activation de mes glandes lacrymales et mes yeux qui se mouillent un instant. Bref, ce sentiment euphorisant de découverte, cette émotion forte ressentie à la lecture d’un livre. J’imagine que la découverte d’un nouveau genre de plaisir est toujours un peu mystique… celui-ci me laisse songeuse et me permets d’entrevoir les bonheurs qu’une vie dédiée à la recherche peut procurer.

***

Suite à la prise de ses photographies, Andromède s’est ensuite rendue dans une nouvelle bibliothèque, celle de l’INHA ou Institut National d’Histoire de l’Art. C’est un peu par hasard qu’elle a découverte cette bibliothèque… en faisant des recherches infructueuses sur le site web de la BNF, elle est finalement tombé sur une info mentionnant que tous les périodiques entre 1887 et 1988 n’étaient pas entrés dans le catalogue informatisé et qu’il fallait se rendre sur place ou consulter celui de l’INHA pour les périodiques artistiques.

En Amérique, c’est le genre d’info qui aurait été encadré en rouge et mentionné sur toutes les pages de recherches. Ici, pas du tout… fais une recherche, tombe sur un livre qui se trouve dans un emplacement géographique obscure de la BNF, décide de fouiller et d’aller voir quel est cet emplacement obscure, découvre que c’est là que sont les périodiques dédiés à l’histoire et à la littérature et, finalement, lis une petite note dans le bas d’une page qui mentionne, entre autre, qu’il y a un trou de 100 ans dans l’informatisation du catalogue des périodiques de la Bibliothèque Nationale de France.

Bon, respirer par le nez et se répéter cette phrase comme un mantra : « C’est pas de leur faute, ils sont Français… » Vous allez voir, ça l’aide beaucoup à se calmer quand on a la moutarde qui nous monte au nez !

Ce qui est très pratique avec la bibliothèque de l’INHA, c’est qu’il suffit d’être étudiante à la maîtrise en histoire de l’art pour y avoir accès. Pas besoin de présenter de lettre de recommandation, ni de bibliographie, ni de passer d’entrevue de sélection avec un bibliothécaire… vous trouvez que j’exagère ? et bien pas du tout : toutes ces dernières démarches énumérées sont celles nécessaires pour accéder à la BNF !

Mais Andromède va bientôt devenir une experte dans l’accession aux bibliothèques et dès lundi prochain, elle entend d’aller passer le fameux « entretien » pour avoir accès aux fonds de la BNF… c’est à suivre.

Petite mention sur la bibliothèque de l’INHA… c’est assez magnifique ! Dans une grande salle ovale surmontée d’un dôme en verre, on s’assoit à une place qui nous est attribuée, on fait ensuite la demande de nos livres, qu’un commis va chercher sur l’un des quatre étages de la bibliothèque faisant le tour complet de la salle. Bon, je vous épargne les détails sur le fonctionnement des 2 photocopieuses (pour 150 personnes !) et du tintamarres des machines permettant la lecture des microfilms, mais Andromède a quand même réussit à y trouver des articles et ouvrages essentiels pour sa recherche. Il y a également un poste de photographie numérique avec spots intégrés qui permettent de faire de très belles photos, et ce, gratuitement !

Je vous en mettrai quelques exemples en ligne un peu plus tard. En attendant, Andromède s'en va retrouver Persée pour aller débaucher un autre musée !

Persée et Andromède

Mardi, Andromède s’est levée de bon matin pour aller chercher Persée à l’aéroport Charles de Gaulle.

Mon billet de RER pour me rendre à CDG était acheté depuis la veille, je n’avais plus qu’à partir à l’heure afin de ne pas manquer mes correspondances. Durant le trajet d’allée, je suivais Persée pas à pas. Une demi-heure avant l’atterrissage, je me disais qu’il devait survoler la Normandie et maintenant voir la terre de France par son hublot, si les nuages le permettaient. Quinze minute avant l’atterrissage, je me disais que s’il était comme moi, les tympans devaient maintenant avoir envie de lui exploser. Et finalement, rendue au terminal 3, son avion venait juste d’atterrir. J’ai d’abord vu une première brassée de blonds sortir, puis ce fut le tour des roux… en regardant sur les écrans d’informations, j’ai pu confirmer mon intuition : le premier vol venait de Copenhague et le second de Manchester. Je me suis dit que lorsque je verrais les bruns arrivés, ce serait signe que le vol d’Air Transat en provenance de Montréal commençait sa sortie. Et comme de fait ! Persée ne fût pas long à m’apparaître. Seuls quelques passagers de la classe Club sortirent avant lui.

Je m’étais installée dans un endroit où Persée pouvait me voir facilement dès sa sortie, mais quand même assez loin des portes pour que mon ultra civique amoureux n’ait pas peur de bloquer le chemin lorsqu’il me rejoindrait et s’arrêterait pour m’embrasser.

Avant de partir, j’avais essayé de me faire assez jolie pour qu’il ne soit pas déçu, peut-être aussi afin d’égaler cette image toujours améliorée que j’ai l’impression qu’il se fait de moi. À voir son air lorsqu’il a franchi les portes, je pense c’était assez réussi. Il était là, tout magnifique dans sa chemise blanche et ses jeans, les cheveux en bataille comme je les aime, la barbe bien taillée. Est-ce possible d’avoir l’air à ce point d’une gravure de mode en sortant d’un vol de sept heures?

Quand son regard s’est accroché au mien, il ne l’a plus lâché. Il avait vraiment l’air de regarder un ange mon Persée, sa démarche s’est faite plus lente comme s’il savourait toutes les secondes qui le rapprochait de moi. Mes bras d’abord noués sous ma poitrine se sont automatiquement tendus vers lui lorsque je l’ai vu, et j’ai cru remarquer les vingt personnes accotées à la rambarde se retourner devant son air de béatifié. Je n’ai pas pu attendre qu’il me rejoigne et c’est à mi-chemin que je l’ai rencontré. Il était là, contre moi, finalement. Et cela faisait cinq semaines… et on aurait dis des mois et des mois !

Les retrouvailles sont une chose magique, et c’est presque un bonheur de se séparer lorsque l’on sait qu’elles auront lieu. Mais les vivre, après les avoir tant imaginer a vraiment quelque chose de surréel qui abolit toutes les craintes et les incertitudes et qui permet finalement au cœur de respirer après une trop longue apnée.

dimanche 29 juillet 2007

Tuer le temps

Tuer le temps avant l'arrivée de Persée.
Regarder les journées défilées,
Ecouter des Smallville comme une forcenée,
Balayer, mopper les tuiles du plancher,
Laver du linge, le faire sécher,
Relire un roman adoré.

Et attendre, attendre Persée...

Dormir le temps, pour le faire passer,
Prendre un bain, lire un Vogue enchanté,
Encore et toujours me faire à manger,
Appliquer des crèmes, me dévisager,
Beaucoup naviguer, légèrement ennuyée.

Et attendre, attendre Persée...

M'asseoir, essayer de travailler,
Me relever, incapable de me concentrer,
Voir une exposition, aller marcher,
En revenir, complètement allumée !

Et attendre, attendre Persée...

Faire la vaisselle, me ramasser,
Me coucher tôt juste pour rêver,
Compter les heures une fois levée.

Attendre, attendre Persée...

Dix fois par jour me changer,
Trouver comment m'habiller...

... pour son arrivée, attendre Persée.

Imaginer sans fin le premier baiser.

Attendre Persée.

jeudi 26 juillet 2007

Andromède féministe

Aujourd'hui Andromède a terminé ses recherches à la Bibliothèque des arts décoratifs. Et, sincèrement, elle aurait préférée que se soit sur une autre note...

Le dernier livre que j'ai tenu dans mes mains m'a donné de tels frissons de dégoûts que je souhaiterais presque qu'il n'ait pas croisé mon regard.

Pour vous mettre un peu dans le contexte, je travaille sur l'évolution de la représentation des femmes dans l'oeuvre de Georges de Feure. Ainsi donc, les bouquins concernant les femmes françaises au tournant du siècle dernier sont pour moi une mine de renseignements indispensable. Depuis mon arrivée à la bibliothèque, j'ai découvert une série d'écrits d'un auteur nommé Octave Uzanne. Celui-ci s'est beaucoup intéressé aux différents aspects de la vie féminine au XIXe siècle et, jusqu'à aujourd'hui, il m'était infiniment sympatique.

J'arrivais facilement à remettre dans le contexte la teneur de son discours et le trouvais passablement brillant lorsqu'il écrivait des choses telle que : "Le vêtement des femmes a presque toujours subi les mêmes variations que leur vertu". Dernièrement, il m'avait même profondément émue, lorsqu'en 1894 il avait pris le parti d'accuser le pouvoir étatique masculin de bien peu se soucier des conditions de vie des ouvrières parisiennes et d'ainsi forcer les femmes à la prostitution en n'exigeant pas une rétribution minimale et honorable pour leur travail.

Aujourd'hui, c'est donc avec plaisir que je retournais me plonger dans La Femme à Paris, nos contemporaines; notes successives sur les Parisiennes de ce temps dans leur divers milieux, états et conditions. Le chapitre qui devait retenir mon attention portait sur les femmes artistes : littérateures, actrices, danseuses. Oui, oui, vous avez bien lu : littérateures. Qui s'adonne à la littérature, pas écrivaines, non. Parce que pour être écrivain, il faut du génie. Et il est bien connu que les femmes en sont dépourvues. Seuls les hommes ont accès au génie, car pour être génial il faut pouvoir vivre dans la solitude, ce qu'une femme ne saurait faire puisque sa survie dépend en tout temps des autres, que se soit parce qu'elle est mère de, fille de ou femme de.

Et les exemples que la littérature passée nous a fourni? Mme de Scudéry était une vérue dans l'histoire littéraire, Mme de Sévigné n'écrivait que des lettres, Mme de Lafayette se faisait dicter par le duc de La Rochefoucauld et George Sand, lorsqu'elle avait du génie, le volait à Chopin ou à Musset. En effet, il est de notoriété publique que lorsqu'une femme se met à réfléchir et à argumenter, elle devient un homme et perd son sexe... La preuve, tous les écrivains vivant avec des littérateures étaient soit poussés au suicide par celles-ci ou deveniennent invertis.

La preuve ultime que la femme ne pouvait atteindre au génie ou le volait le cas échéant : y en avait-il une seule pour compétitionner avec Michel-Ange, Mozart ou Darwin ?

Je pense que c'est ce dernier argument qui m'a achevé. Parce que je me rappelle ma mère me racontant que, dans les années 60 au Québec, c'était ce genre de discours qu'on servait aux femmes : "S'il y avait des génies femmes ça se saurait !"

Je m'arrête un instant. MA MERE. Pas une arrière-bisaïlleul, pas ma grand mère, non, ma mère. Creusez un peu au tour de vous. Elle ne date pas de Mathusalem ma maman, non non, c'est juste une babyboomer qui a récité le Chapelet en famille avant d'écouter du Léo Ferré.
Ma mère, et probablement celle de Persée, et probablement la vôtre aussi, qui a vécu à une époque où les femmes étaient certainement moins intelligentes que les hommes, puisque si elles l'étaient autant ça se saurait !

Et après ça, je dois endurer les filles de ma génération qui disent que les féministes sont des femmes frustrées qui polarisent la situation hommes/femmes et qu'à force de revendications on va finir par émasculer les hommes. Ca ne leur suffit pas que l'humanité leur ait déniée une âme jusqu'à dernièrement ? Ca ne leur suffit pas d'avoir des droits légaux depuis à peine 40 ans au Québec ? Ca ne leur suffit pas que la bataille de nos mères reste encore à être menée dans 90% des pays de la planète?

Ont-elles oublié qu'on excise encore aujourd'hui ? Ont-elles oublié les infanticides des filles dans les pays où l'on régule les naissances ? Ont-elles oublié que le gouvernement québécois à réglé CETTE ANNEE l'écart salarial entre ses employés masculins et féminins ?

Savent-elles qu'au Québec des groupes masculinistes prennent en otage le système de justice et obligent des femmes à taire leur opinion sous peine d'être poursuivie en Cour ? Savent-elles que la Cour suprême des Etats-Unis a dernièrement légiféré pour l'illégalité des avortements tardifs? Savent-elles que les trois grandes religions monothéistes de la planète prônent la soumission des femmes à leur mari ?

Réalisent-elles la précarité de la situation ?

Personnellement, je pense qu'après 20000 ans de domination, l'homme occidental va être capable de passer à travers une petite crise d'identité à l'aube du 21e siècle... et que ce n'est certainement pas à nous d'abandonner une tâche à peine commencée par peur d'en traumatiser quelques uns.

Je sais pas pour vous, mais pour moi, le clitoris d'une québécoise vaut le clitoris d'une somalienne et tant qu'il sera impur pour une iranienne de montrer ses cheveux, je prendrai bien soin que ma future fille n'oublie pas la lutte de ses grand-mères pour le droit à la contraception, à l'avortement et surtout à un cerveau génial !

Pourquoi je suis féministe ce soir?
Pour ça ! Pour que mon cerveau est le droit d'être aussi génial que celui d'un homme si ça lui chante !

mercredi 25 juillet 2007

Sur une note beaucoup moins rigolotte

En naviguant sur Facebook, je suis tombé sur un groupe de mon ancienne école secondaire Pierre-Laporte. En lisant les messages laissés sur le board par les anciens étudiants, je suis tombé sur une nouvelle qui me laisse encore toute bouleversée. Non, non, personne n'est mort... mais c'est presque pire...

On y parlait de mon ancien orienteur du secondaire, qui aurait plaidé coupable à des accusations portées contre lui. Il parrait que le jour de son procès la salle était remplie de collègues et d'anciens élèves venus pour le soutenir dans cette épreuve difficile. Et qu'à la consternation générale, il a plaidé coupable. Le message ne mentionnait pas de quelles accusations il s'agissait.

Curieuse, je l'ai googlé. J'ai trouvé un fait divers dans un webzine qui parlait d'accusations d'attouchements sexuels sur une mineure de moins de 14 ans.

Je suis vraiment consternée.

De mon bref passage à Pierre-Laporte, Stéphane était un des meilleurs souvenirs que j'en gardais. Je me rappelle de cet orienteur de qui la porte était vraiment TOUJOURS ouverte si on voulait venir lui parler. Me cherchant beaucoup pendant ma dernière année de secondaire, je me rappelle avoir passée plusieurs périodes dans son bureau à essayer de savoir ce que je voulais faire de ma vie à part la ballerine et la Course destination monde. Il m'écoutait toujours patiemment et m'a indiqué des voies que je ne soupçonnais pas, qui sont un peu le résultat de ce que je suis aujourd'hui. Bref, il m'a montré qu'il y avait une vie après la danse. Et, à l'époque, ce fut crucial pour moi.

Et aujourd'hui, ça.

Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer pour le détraquer ? Je veux dire, on attouche pas une adolescente de 13-14 ans comme ça du jour au lendemain ! Il faut qu'il y ait une fuse qui saute, quelque chose ! Qu'est-ce qui peut se passer dans la tête d'un homme de 45 ans pour qu'il pose un geste pareil ???

Il n'avait aucun antécédant, et aujourd'hui, il est en prison. Et on sait ce qu'ils leur font en prison à ces "child molester"...
Andromède en perd son français...

Et est-ce que c'est correct après toutes ces années de vouloir conserver mon souvenir intact?
Est-ce que c'est normal qu'au fond de moi je ne trouve pas de dégoût, juste de l'incompréhension?
Je veux dire, ce n'est pas censé être un truc pathologique ?? Un mal grâvé au fond de l'âme ??
Et est-ce qu'il peut y avoir des situations atténuantes ?
Moins de 14 ans bordel !!! Qu'est-ce qui peut atténué ça !?

Ce soir, Andromède a mal à son humanité...
Séléné, quand tu liras ça, écris-moi, ok ?

R.I.P.

C'est le coeur très gros qu'Andromède vous annonce la mort définitive de Grandes Marguerites.
De toute évidence, elles n'auront pas survécues à leur abandon lors de mon voyage à Milan.
Elles sont maintenant au paradis des fleurs oubliées au soleil sur le bord de la fenêtre...


Logique Andromédienne

Ce soir, Andromède avait envie d'un steak.
Vous savez, un de ces trucs succulent qui fait un pouce d'épais...

Alors, je décide de sortir et de me payer le resto. Après tout, je suis restée sagement à la maison aujourd'hui pendant qu'on installait la nouvelle chaudière à eau chaude dans l'appartement. J'ai même réussi à travailler sur un des six résumé analytique que je dois écrire pour septembre et j'ai pondu deux chapitres de roman.

En toute logique, Andro méritait donc son méga steak... on en conviendra tous !

En me baladant dans Vincennes, je regarde donc tranquillement les menus des restos et arrive à la conclusion que je ne m'en tirerai pas en bas de 20 euros si je suis mon impulsion...

Admirons donc maintenant l'infernal esprit d'Andromède : Nous la voyons ici rentrer au McDo, payer 6euros pour un trio BigMac. Elle ressort ensuite et s'arrête devant une vitrine. Faites-vous le même calcul qu'elle ?

Et oui, les 14 euros économisés se transforment en l'espace d'un moment en magnifiques ballerines dignent de Dorothée. Admirez plutôt :


Elles sont super chouettes non ?

Qui sait, si je claque les talons je me rendrai peut-être au merveilleux pays d'Oz !

lundi 23 juillet 2007

En attendant l'eau chaude... (iconographie impressionniste)

Finalement, il semblerait qu'Andro aie retrouvé un certain sens de l'humour...

En vous écrivant mon dernier billet j'ai pensé à ça :




Degas s'est beaucoup intéressé au phénomène lui aussi...
Bon, dans son temps, c'était la norme... mais quand même, Andro en est réconfortée !




Comme quoi, même en se désespérant pour une douche, l'historienne de l'art n'est jamais trop loin !

En attendant l'eau chaude...

Depuis son retour de Milan, mercredi soir, Andro n'a plus d'eau chaude.

Si ça pouvait être amusant au début de jouer à Paris XIXe siècle, pourtant, depuis aujourd'hui, c'était moins drôle.
Suite à la visite du réparateur j'ai appris que le proprio en aurait probablement encore pour 500 Euros à débourser... et, mon contact à Paris essayant d'obtenir une contre-expertise, je pouvais encore avoir à faire bouillir de l'eau pour quelques jours.
Ben oui, semble-t-il qu'Andromède ait la bizarre habitude de se laver souvent en été, quelle idée vraiment !

Après un premier essai de douche froide, que je me suis jurer de ne jamais récidiver, j'avais donc pris mon parti de négliger le compte d'électricité et d'utiliser la bouilloire électrique autant que j'en aurais besoin !
Mais, il semblerait que je tienne à mon confort post-moderne ! Et qu'une bouilloire ne sache satisfaire à cette exigence...

Après avoir essayer de me changer les esprits toute la journée à coup de Vogue London et de Smallville j'en étais encore à ruminer mon mécontentement. Incapable d'atteindre mes sphères habituelles de réflexion, mon esprit restait à raz les paquerettes et j'enrageais de ne même pas être capable de même vous écrire un petit billet rigolo... Non, il semblerait qu'il faut qu'Andro se sente propre pour ça !

C'est donc avec un réel soulagement que j'ai accepté la proposition de mon proprio qui va me réserver dès demain une chambre dans un des deux petits hôtels adjacent à mon chez-moi.
L'idée me fait quand même tout drôle, mais la simple pensée d'une bonne douche chaude me permets d'envisager les prochains jours plus serènement...
Et qui sait, lorsque tous les besoins de base d'Andromède seront comblés, peut-être qu'elle retrouvera sa verve littéraire et qu'elle aura alors l'inspiration un peu moins terre à terre.

D'ici là, je rebaptise unilatéralement ces non-chroniques "En attendant l'eau chaude..." !

dimanche 22 juillet 2007

Lu

Harry Potter... le dernier.
Dans un record personnel de 36 heures en en incluant 8 de dodo et au moins 1 totale de nutrition...

Andromède est heureuse...
C'était tout à fait satisfaisant !
Elle s'est même trouvé un homonyme dans la maman de Thonks !

Enfin...
Je vais pouvoir recommencer à vivre !
J'ai réussi l'absurde record d'engueuler deux fois Persée en 24 heures parce qu'il avait eu l'idée saugrenue d'appeler prendre de mes nouvelles alors que... JE LISAIS HARRY POTTER !!!

Je pense que j'étais légèrement déphasée...
Mon appart aurait pu brûler et j'aurais simplement été ennuyée de devoir évacuer en plein milieu d'un chapitre !
C'est une vraie drogue ce truc !

Maintenant, je vais dormir ...
La suite des aventures d'Andromède, demain.

Andro... qui doit avoir des flamèches qui lui sortent par les oreilles !

vendredi 20 juillet 2007

Mis à jour

Les deux liens sous Planète Intello (à la gauche de votre écran).

Sous élections américaines 2008 vous trouverez un article concernant les Démocrates et la religion. Dans un pays où 95% de la population dis croire en un "Être Suprême" (pour paraphraser Robespierre) ... il devient en effet nécessaire de connaître la position d'un groupe politique qui évite habituellement le sujet, mais qui, cette fois-ci, a les deux mains dedans ! (si vous me permettez l'expression !)

Sous J'ai lu dans le Time que... une entrevue intéressante sur le phénomène Facebook, avec son jeune créateur Mark Zuckerberg (23 ans!). Lorsque l'on sait que plus de 150000 nouveaux utilisateurs s'inscrivent chaque jour et qu'entre 10 et 15 % de la population canadienne est déjà inscrite, c'est très pertinent d'en apprendre un peu plus sur un site qui voit d'ailleurs Andromède à peu près à tous les jours !

Bonne lecture !

Genoveffa a Milano (... suite)

Bonjour groupe de lecteurs adorés,
Hier, Andromède vous promettait la suite de ses aventures milanaises dès son retour de l'épicerie. Ce qui n'a pas eut lieu. La suite, je veux dire, parce que l'épicerie, elle, j'en suis bien revenue ! Comme depuis ce moment Andro a eut l'occasion de raconter son voyage en intégral à Persée et Cassiopée... l'envie est comme passée à Andro de le raconter encore une troisième fois!
Mais ce n'est pas l'ennuie qui va l'arrêter ! Oh non ! Vous vous méritez donc une version illustrée du dit voyage... Blogger n'a pas encore toutes les fonctionnalités souhaitées pour vous faire un vrai photo-reportage, mais avec votre indulgence je vais tout de même m'y essayer in extremis!

On reprend donc où on était rendu :

Débarquée du train à 5h30, mal réveillée et en manque de café, la première expérience milanaise d'Andromède sera de réaliser que les Milanais sont généralement des lève-tard... En effet, quelle idée saugrenue de vouloir boire un cappucino à 6h du mat ! Sur les horaires affichés, je crois comprendre qu'ils n'ouvriront pas leur porte avant deux bonnes heures si ce n'est pas trois.

Je me résigne donc à aller réveiller ma copine Marianne à une heure saugrenue, et après un épisode de gesticulation intense devant la madame du kiosque à journaux, je réussis à acquérir une "carto pour le téléphono publico".
Je tiens à te rappeler ici, cher lecteur, que ma connaissance de l'italien est nulle. Pas "nulle" dans le sens "pas bonne", "nulle" dans le sens de "inexistante". Avec son 4 heures de sommeil dans le corps, Andro ne pense pas encore à utiliser l'anglais, elle n'a que l'instinct de rajouter quelques O et quelques A à la fin de son français et l'esprit de ne pas sortir les quelques mots d'allemand qu'elle connait et qui, bizarrement, surgissent dans son esprit. Bref, elle n'est pas grosse dans ses souliers. Mais tout va mieux aller dans quelques minutes.

En effet, après avoir réveiller Marianne et avoir pu déposer mon sac à dos, je suis arrivée à me sentir sereine à nouveau après l'injection d'un café. Marianne m'a donc expliqué les fonctionnalités de base de la ville, carte, tram, métro et kit de vocabulaire italien de survie. On m'a planifié ma journée et ça y est je suis partie à la conquête de Milan !

Premier arrêt : le Duomo !
Dès la sortie du métro, il nous arrive en plein visage ! J'étais assez impressionnée étant donné que c'était la première cathédrale de style gothique flamboyant que j'avais la chance de voir ! Bon, vous remarquerez les deux immenses panneaux qui le défigure, c'est qu'il y a restauration en cours...

Malheureusement, lorsque j'ai voulu y entrer, j'ai littérallement été refoulée à la porte parce que mes épaules étaient découvertes... Bon, je peux comprendre le principe... mais c'est quand même assez bizarre, tu ne peux y entrer les épaules découvertes, cependant, à l'intérieur, on y vend de tout et n'importe quoi... rien dans les Ecritures sur l'indécence des épaules, pourtant, je suis certaine de me rappeler un épisode où Jésus chasse les marchands du temple... anyway, c'était pas le temps de m'obstiner sur le fondement théologique de leur règlement...

J'en ai donc profité pour regarder l'architecture extérieure en détail, qui est assez débile merci ! On ne dit pas gothique FLAMBOYANT pour rien! J'ai particulièrement aimé le vitrail que vous pouvez voir dans la photo de droite. L'illusion de mouvement créer dans le design de la rosace m'a vraiment frappé, je n'avais jamais rien vu de tel !
Puis, finalement, en me promenant dans les rues avoisinantes j'ai réussie à me dégotter un H&M où j'ai pu acheter un foulard léger pour couvrir l'impudeur démoniaque de mes épaules pécheresses...
Une fois rendue à l'intérieur le spectacle était d'ailleur assez drôle... Des madames avec des nappes sur le dos et des mamans affublées de linges où bébé avait probablement déjà bavé ! Il ne faut jamais sous-estimé l'ingéniosité du touriste déterminé... Vous m'excuserez, je suis peut-être une suppôt de satan moi-même, mais au moins j'ai la classe nécessaire pour ne pas utiliser un appareil photo muni d'un flash dans un édifice dédié au culte... et pas de flash, pas de photos, parce que c'est sombre en ti-pépère leur affaire !

Ok, on continue la visite... ici vous ne verrez pas Andromède, puis qu'elle est derrière la caméra, mais elle vous a déjà parlé de sa phobie de toutes les bibittes plus petites qu'un chat...
Alors imaginez mon choc lorsque quelqu'un a saisie ma main de force pour y mette des graines de maïs, sans me demander mon opinion, et qu'une foule de pigeons se sont garochés sur moi pour les manger ! Bon, ça fait une belle photo, mais j'ai littéralement envoyé promener Banjo (nom fictif) lorsqu'il m'a exigé 5 euros pour ces douze graines de popcorn infantiles! Je lui en ai donné 2 et j'ai passé la demi-heure suivante à la recherche d'une toilette où me laver les mains. Je ne sais pas à quoi ils pensent mais, moi on m'a élevée en me disant de ne JAMAIS toucher aux pigeons parce qu'ils transportaient plein de maladies dégueulasses lorsqu'ils ne sont pas responsable des épidémies de peste bubonique... bon, je confonds peut-être avec les rats, mais selon moi ils sont du même acabit ! Simplement ailé plutôt que rongeur... Et devinez où Andro a pu se débarasser de tous ces miasmes ? Au paradis du touriste, bien sûr : le MacDo du coin !

Bon, on passe rapidement sur ma visite au musée de la Scala, c'était rempli de portraits d'inconnus lyriques et d'artéfacts divers et bizarres de la vie de Verdi... une mèche de cheveux, un mouchoir... ce genre de truc. En m'y rendant, j'ai quand même emprumpté la très impressionnante Gallerie Vittorio Emanuelle. Que vous pouvez voir ici à côté du Duomo (c'est le truc gigantesque en forme d'arc de triomphe).

En revenant de ma visite de la Scala, (la salle est quand même quelque chose à voir !) j'ai eu la très saugrenue idée de m'arrêter dans un des restaurants de la superbe galerie pour manger un morceau. Est-ce le sourire charmant de la jeune placière ou son empressement à me parler anglais, allez savoir mais, bref, je me suis retrouvée à dépenser la somme astronomique de 17 euros pour un sandwich et un coca ! Bon, c'est ce qui arrive lorsqu'on choisit la facilité, me suis-je philosphiquement dit, en déposant le billet de 20 euros sur la table et en partant sans attendre mon change... Ca m'apprendra !

Ensuite, direction Château Sforza. Déjà, le nom m'attirait, Fiora (mon héroïne florentine fictive préférée) ayant déjà rencontré Catarina Sforza, une princesse milanaise ayant épousé un neveu du pape Sixte qqchose, celui qui a fait construire la dite Chapelle Sixtine à Rome... mais je m'éloigne ! Donc, pour résumer, les Sforza font parti de ma bibliothèque imaginaire et c'était avec plaisir que j'allais les visiter ! Cependant, je n'avais pas pensé qu'on était lundi et qu'il y a une règle non écrite dans la muséologie qui veut que si Dieu se soit reposé le septième jour, eux, ils font mieux, et débutent la semaine par une journée de congé. Donc, clarifions : 99% des musées sur terre sont fermés le lundi !

C'est donc la mort dans l'âme que je me suis promenée dans les jardins du château avant d'atterrir dans le superbe parc Sempione qui s'étend sur 47 hectares derrière le château ; parc qui était auparavant le terrain de chasse de mes Ducs milanais favoris. (Sincèrement je n'ai aucune idée de la grandeur d'un hectare mais c'est ce qui est écrit dans mon guide...)
Donc, après y avoir errée quelques heures en cherchant l'ombre pour protéger ma nordique peau à la blancheur d'albâtre... Bon, j'exagère, je suis juste pas encore bronzée, et mon teint ne se rapproche en rien de ce qui peut être qualifié de blanc... mais ça faisait joli comme formule, alors je la laisse !
Donc après avoir fuit les coups de soleil d'arbre en arbre, je suis arrivée à l'Arc de la Paix. Un chef d'oeuvre néoclassique milanais. A l'origine construite pour célébrer la victoire de Napoléon en 1807 (Napo avait une fâcheuse tendance à semer les arcs de triomphe sur son passage), l'Arc a donc été renommée de la Paix, une fois l'Empire de celui-ci effondré, ce qui arrive vers 1814-1815 si ma mémoire est bonne.
(Petite réflexion à moi-même : se serait si pratique que les empires conquérant puissent s'effondrer à la même vitesse aujourd'hui...) Mais, encore une fois, je m'éloigne...

Finalement, comme il me restait encore quelques heures à tuer avant l'heure bénie de mon rendez-vous avec ma copine Marianne, je suis retournée à la gare où j'ai pu m'acheter le Vogue Paris et le Time version british. C'est donc en intercalant les articles sérieux aux articles futiles que je me suis rendue à la fin de l'après-midi. Avec, avouons-le, une préférence pour les articles portant sur Valentino, Ibiza et les méga-yatchs ! Après tant de jubilation visuelle, comment ne pas succomber à l'appel de la fashionnista en moi ? Je suis à Milan après tout et je dois me récompenser de ne pas avoir mis les pieds ni chez Prada, ni chez Versace, ni chez D&G ! C'est donc dans mes petites boutiques où, comme dit Beigbeder "les bimbos bon-marchées savent quand même mieux se saper que les friquées", que j'ai été terminer ma journée ! Ce qui me permit d'arriver détendue et heureuse chez ma copine pour l'heure du souper.

Marianne et son copain P-A m'ont alors fait découvrir le Milan que je n'avais pu voir. Celui extrèmement sympatique de la jeunesse milanaise. Nous avons donc été boire des Mojitos bien frais et profiter du buffet inclus avec le drink (!) dans une cour intérieure. Avant d'attaquer une pizza hallucinante et des gellato paradisiaques ! Nous avons ensuite commandé des drinks farfelus (pour moi un gin-tonic-orange aux proportions inversées !) que nous avons bu dans la rue avant de nous poser près du parvis d'une église, parmi les ruines, les tamtam et les jongleurs de feu ! Lors de l'apperitivo, une copine québécoise de Marianne, Myriam, était venu nous rejoindre et c'est avec plaisir que j'ai appris que sa principale passion dans la vie était les souliers et qu'elle était à Milan afin de les étudier pour ensuite pouvoir les créer ! J'étais aux anges!

Et pour te récompenser, cher lecteur, d'avoir suivit les aventures d'Andromède jusqu'au bout de sa première journée milanaise, je t'offre quelque chose de rare, une photo avec des gens dessus ! Profites-en bien car elles se font rares ! Voici donc Marianne, P-A et Andromède, photographiés avec leur drink déambulatoires, par Myriam la passionnée des souliers !

n.b. Il est toujours possible de cliquer sur les photos pour les agrandir !